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Le silence s'étend sur la plaine fumante
Les hommes, les chevaux, râlent et agonisent
Ce mystère est peuplé de sombres silhouettes
La douleur des blessés, la fierté du tyran
Il marche doucement, le visage caché
Ce dieu de nos pulsions qui nous a entraîné
A ce piteux massacre, à cet éclat funeste
Dérèglement des sens et idées macabres
Tu as voulu le suivre au bout de son délire
Ton ceinturon doré qui séduisait les dames
Uniforme cintré, éperons scintillants
Cosaque gigantesque emporté par l'orgueil
Et tous ces régiments enterrent en silence
Leurs nobles généraux, leurs tireurs épuisés
Leurs canonniers géniaux, leurs fantassins floués
Et gardent seulement l'infernal idéal
Il les fera venir dans une autre tranchée
Occuper tout encore un pays si lointain
Qu'il y faudra des jours de transports incertains
Et tant de pleurs éteints des civils résignés
Foin du divin précepte de se tendre la main
Loin de l'amour voulu au matin, en prières
Tu reviendras encore à ta bestialité
Ta selle bien cirée deviendra ton tombeau.
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