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Pierre Corneille revisité (1606-1684

le mardi 28 juin 2016, à 11:17. Posté par Michel Ernest


    J'ai souvent confondu Corneille
    Avec Racine évidemment
    Qui au temps du grand roi Soleil
    Versifiaient fort pareillement

    Alors étudiant l'un et l'autre
    J'ai pallié à cette ignorance
    Et je me fais enfin l'apôtre
    De leurs réelles différences

    Corneille est un Normand de souche
    Né à Rouen en mil six cent-six
    Ses aïeux à Conches-en-Ouche
    Y étaient procureurs d'office

    Son père, en cette métropole
    Est maître des eaux et forêts
    Et choisit la plus belle école
    Pour l'enrôler, s'il le fallait

    Timide, le jeune Corneille
    [Car c'est son véritable nom]
    À la dramaturgie s'éveille
    À la place du droit-canon

    Bientôt son père lui achète
    Un bel office d'avocat
    Mais Pierre devenu poète
    Plaide pour qu'il ne le soit pas

    D'ailleurs il vient juste d'écrire
    Une pièce en vers à l'ancienne
    Et si ce n'est pas du Shakespeare
    Une troupe la joue sur scène

    De vingt-trois à trente ans, sans cesse
    Il écrit prose et poésie
    Ciblant avec délicatesse
    Les travers de la bourgeoisie

    Richelieu, fort épris de lettres
    L'incorpore au sein d'un trio
    Ainsi le Cardinal fait mettre
    En vers ses propres scénarios

    Mais c'est tout seul et sans ce guide
    Qu'il écrit "L'illusion comique"
    Ainsi qu'un chef-d'œuvre, "Le Cid"
    Qui déclenche une polémique

    Car quelques plumes vénérables
    Y voient un plagiat évident
    Mais devant le succès durable
    On reconnaît le Cid normand

    Tout Paris, tenu par l'intrigue
    Entre les larmes de Chimène
    Et la vengeance de Rodrigue
    Vit des minutes cornéliennes

    Or Pierre durant ce tapage
    Est parti sans laisser de trace
    Se réfugier dans le bocage
    Pour revenir avec "Horace"

    À trente-cinq ans maître Pierre
    Décide de se marier
    Avec Marie de Lampérière
    Qui lui donne de beaux bébés

    Puis la consécration arrive
    Avec "Cinna", un tel succès
    Que les gazettes excessives
    En font le "Sophocle français"

    Pendant presque une décennie
    Pierre tient le haut du pavé
    Par le public, il est chéri
    Par ses pairs, il est admiré

    Quand Richelieu quitte ce monde
    Mazarin alors lui succède
    Et pendant les années de Fronde
    Le poète écrit "Andromède"

    Pour l'Académie française
    Où il fut brillamment admis
    Pierre traduit fort à son aise
    "L'imitation de Jésus-Christ"

    Vers mil six cent soixante-quatre
    Il crée "Œdipe" et les "Discours"
    Et renoue avec le théâtre
    Positivement, jusqu'au jour

    Où d'autres auteurs à succès
    Dont un certain Racine Jean
    De plus de trente ans son cadet
    Triomphent à son détriment

    Et ce Racine vient d'écrire
    Une œuvre appelée "Andromaque"
    Que Pierre juge, non sans rire
    Mi-"Andromède" et mi-arnaque

    À coups de rimes assassines
    Les deux rivaux livrent bataille
    Le public vibre avec Racine
    Tandis qu'avec Corneille, il baille

    Devant ces échecs successifs
    L'ami Pierrot range sa plume
    Aussi n'étant plus très actif
    Il vit des succès qu'on exhume

    C'est à soixante-dix-huit ans
    Que par son décès il écrit
    Au Panthéon des hommes grands
    Une dernière tragédie

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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
Crayonnette le mardi 28 juin 2016, à 11:54
L'histoire revisitée en vers, plaisant et passionnant... Quel bel exercice vous avez réalisé avec brio!
Nini.

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