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Racine revisité (1639-1699)

le jeudi 30 juin 2016, à 14:44. Posté par Michel Ernest


    À l'inverse du grand Molière
    Qui est un surnom inventé
    Racine a le nom de son père
    Et son nom est enraciné

    Jean est né au temps où Louis XIII
    Règne encore pour trois années
    La rime me met mal à l'aise
    Je vous laisse l'an deviner

    Orphelin dès son plus jeune âge
    Petit-Jean quitte sa maison
    Avec deux rimes pour bagage
    Et pour arme un pauvre crayon

    Il loge chez ses grands-parents
    Puis chez sa tante qui l'exhorte
    À étudier dès ses dix ans
    Le Grec et d'autres langues mortes

    Puis, placé chez monsieur de Luynes
    Un Janséniste convaincu
    De savoir, l'avide Racine
    Découvre la vie de Jésus

    Ceci nullement ne l'empêche
    De fréquenter des comédiens
    Qui apprécient ses odes fraîches
    Et les jouent au quartier Latin

    Un jour, pour le grand roi de France
    Jean compose une ode géniale
    Qui à titre de récompense
    Lui vaut une pension royale

    Alors bousculé par sa muse
    Il présente une œuvre à Molière
    Qui gentiment la lui refuse
    Mais l'encourage à sa manière

    Enfin, sa pièce "Thébaïde"
    Ainsi qu'"Alexandre le grand"
    Rivalisant avec "Le Cid"
    Sont jouées par les itinérants

    C'en est trop pour la concurrence
    Qui jalouse de son renom
    Voudrait bien que le roi de France
    Cesse toute contribution

    En mil six cent soixante-sept
    "Andromaque" est son jour de gloire
    La "Duparc" en est la vedette
    Et couche avec lui chaque soir

    Puis il crée une comédie
    "Les Plaideurs", pas une de plus
    Et revient à la tragédie
    Par son succès, "Britannicus"

    En mil six-cent soixante-dix
    Avec Corneille, il rivalise
    Sur le thème de "Bérénice"
    Hélas, Jean le ridiculise

    S'ensuit "Bajazet", "Mithridate"
    "Iphigénie" et "Phèdre" aussi
    Cette tragédie fera date
    Car elle est la plus aboutie

    Ami de Boileau, La Fontaine
    Puis intime du roi de France
    Très simplement vers la trentaine
    Jean épouse une amie d'enfance

    Il abandonne le théâtre
    Et remise sa plume d'oie
    Pour, pendant trois années ou quatre
    Se mettre au service du roi

    Un jour dans la célèbre "Affaire
    Des poisons", touchant le monarque
    On prétendit que Jean dut faire
    Empoisonner dame "Duparc"

    Mais quand la police s'apprête
    À arrêter notre génie
    Expressément on doit admettre
    Qu'il s'agit d'une homonymie

    Après mil six cent quatre-vingt
    Jean s'adonne à la poésie
    Toujours proche du souverain
    Il lui rend visite à Marly

    Il écrit néanmoins deux pièces
    Pour Madame de Maintenon
    Et pour sa vieille tante abbesse
    Qui lui a donné la passion

    Le roi le nomme "Gentilhomme
    Ordinaire de sa maison"
    Et lui octroie fort belle somme
    Ainsi qu'une honnête pension

    Mais malheureusement les honneurs
    Ni l'argent, ni les médailles
    Ne peuvent soigner la tumeur
    Au fond de son foie qui l'assaille

    Jean Racine meurt au printemps
    À l'été de sa belle vie
    Et nous laisse finalement
    Un automne de tragédies

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