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Et ce chemin qui part au fond des souvenirs
Je le prends si souvent au mitan de la nuit
La douceur de l'été retrouvée en pensées
La frayeur du matin apaisée en images
Si cet arbuste rouge à l'entrée du sentier
Me revient là, sans peine, et me rassure encore
Il me faut retrouver les caresses lointaines
Le sourire complice à la bonne nourrice
Courte procession, eau froide sur le front
Comme une concession à la mort qui viendra
Comme une confession d'un amour impuissant
Joyeuse tradition et liesse partagée
Des années si lentes, instituteurs en blouse
Cigarette à la main, témoins de nos chagrins
De nos détestations de la géographie
Premières émotions au bras de la voisine
Et puis l'ennui pesant de la grande bâtisse
Dortoirs immenses froids aux lits bien parallèles
Ils ont lu sous les draps les romans interdits
Ils ont bravé la loi et ses petits soldats
Ces futiles échos témoignent du passé,
Souvenirs si ténus, comme des garanties
D'une enfance béate et d'un nid bien douillet
Il est vite venu le temps de les quitter !
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