|

Le jour se meurt, l’ombre s’allonge,
Se libère et, folle, s’enfuit
Sur le chemin qui mène au songe.
Hypnos est habillé de nuit
Et ses cheveux nimbés de lune,
A sa ceinture un kandjar luit ;
Des femmes viennent une à une
Dansant au rythme des sitars
Et son œil caresse chacune.
Le parfum envoûtant des nards
Embaume et nous monte à la tête,
Nous nous noyons dans leurs regards.
Enfin, quand s’achève la fête,
Shéhérazade, par sa voix,
Nous berce et jamais ne s’arrête.
Alors, dans mon rêve, je crois
T’entendre et quand je la regarde,
C’est ton visage que je vois.
Oh ! fasse que l’aurore tarde
A venir, que pour un instant,
Instant infini, je te garde !
Je vais vers toi, ma main se tend
Mais ne rencontre que le vide…
Et je m’éveille en sanglotant.
Dans le lointain, un chant languide
Monte et la plainte se prolonge,
Glaçant mon cœur d’un froid torpide.
Sur le chemin où meurt mon songe,
Ma raison s’affole et s’enfuit :
Le jour qui point n’est qu’un mensonge.
Pierre
http://www.mespoemes.net/nemo
|