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Ce qu'il advint et pour l'Eternité.
…..Il nous advint, par le Mystère du Corps, un Corps étrange et nu, Fleur de Chair et de sang éclose des Entrailles de Nuit gestantes et formantes, un Fruit d'Argile et de Limon, un Arbre lourd de Sèves et de Sucs A Limites de Peau et d'Ecorce, il nous advint un Corps parmi les Corps.....Dès lors, nous fûmes Séparés.
Il nous advint, par le Mystère de Chair, de Matière opérante, de Substance efficiente, une Chair jouissante et souffrante qui nous échut dans le Milieu du Monde, une Chair impulsive et sauvage, une Puissance, une Blessure, un Moment et un Lieu, Ô inexprimable Venue ! Dès lors, nous fûmes incarnés.
Il nous advint, par le Mystère de l'Ouverture, l'Ouverture des Sens, les Brèches du Visible et du Tactile et de l'Audible, le Battement de la Respiration et le Théâtre du Fantasmatique aux Circonvolutions du Crâne,Cerveau, Ventre, Poumons impressionnels.....Et nous fûmes Saisis.
Il nous advint, par le Mystère du Temps, de l'Âge et des Instants, de la Durée et du Vieillissement, du Devenir, un Se-Savoir-Mortels, hors de Nous-mêmes et en Nous-mêmes, qui nous arrache, un Temps, aux Mondes éternels pour l'Eternité de la Mort, de l'Autreté.....Dès lors nous fûmes Eloignés.
Il nous advint, par le Mystère de la Parole parlante, introjetée et projetée, des Signes subterfuges, un Corps Désirant et parlant, à l'Embouchure de la Mémoire et de la Fantasmagorie, une Parole de Larynx abouchée à ce qui fut, est et sera, à l'Ineffable et à l'Absence.....Dès lors, nous sûmes Dire et Raconter les Forces Antagonistes, l'Extase d'Être et le Soleil de la Mélancolie.
Il nous advint, par le Mystère du Double, la Ressemblance et le Partage millénaires de l'Homme et de la Femme, double Miroir et de Jour et de Nuit, Forêt d'Inconnaissance où se fuir et se perdre, Jardin d'Amour où se connaître sur l'Herbe du Plaisir et du Sommeil, ni Vous sans Moi, ni Moi sans Vous, comme le Chèvrefeuille s'enlace au Pommier de Vermeil.....Dès lors, nous fûmes Amants dans la Merveille.
Il nous advint, par le Mystère du Mouvement et de l'Envie, des Visages et des Corps Ennemis dont nous Souhaitâmes la Mort et la Dévoration. Paysages de Meurtres et d'Accaparement, Murailles, Hordes et Cris de Chasse, Butins, Armes, Trophées, Soubassements haineux des Civilisations, Rêves disséminés et solitaires de Paix perpétuelle.....Et dès lors commencèrent Ordre et Chaos de l'Histoire.
A ce qui vient au Jour dans l'Eclaircie de l'Apparaître, à ce qui se présente dans la Lumière ombreuse d'un Monde, à ce qui, de Soi, se montre, hors de Soi dans le Mouvement de ses Formes, dans la Hardiesse et l'Abandon, à ce qui se déploie, tendre et violente Effraction d'Espace dans l'Espace, à ce qui se déplie hors des Plis infinis du Réel, vers l'Accomplissement sans Cause ni Raison de sa Présence et de son Affection, de son Epreuve, son Dépérissement, à ce qui nous advint, à ce qu'il adviendra, Nous écrirons des Phrases de Joie et de Stupeur et qui conviennent en Résonance, en Dissonance et nous dirons les Chants alternés en Cadence de Voix double et multiples afin de célébrer la Parole disante, les Mortels en leur Humilité, le Silence qu'ils portent à tout jamais.....
« A tout jamais, nous porterons sur le Visage et la Visière du Front, les Cicatrices de la Honte de n'être pas des Dieux. »
« A tout jamais, la Joie et la Désespérance enlaceront le Coeur. »
« A tout jamais, le Coeur profond sera dissimulé. »
« Que l'Abandon soit notre Gloire et notre Joie puisque sans Fin. »
« Nombreuse est chaque Vie, couronnée de Possibles. »
« Et la Parole nous advint qui comprend aussi sa Forêt de Silence. »
« Brèves Vies, Ô Eternité de la Mort ! »
« Il nous advint de paraître dans la Crypte du Monde. »
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