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Puis-je glisser dans mes poèmes
La bio d'un gratteur de guitare
Étant guitariste moi-même
J'affirme son rang dans l'histoire
Django, n'est pas son vrai prénom
Car il se prénomme Jean
Reinhardt n'est pas non plus son nom
Mais c'est celui de sa maman
Son père n'est pas guitariste
Comme le sont tous les manouches
Et le pire pour les puristes
Django n'est pas Français de souche
Pourquoi ces petits artifices
Autour de son identité ?
C'est parce qu'en mil neuf cent dix
Date à laquelle Jean est né
On était enfant de la guerre
Et l'on désirait se cacher
Car bien qu'étant la "der des ders"
Une autre pouvait arriver
Alors cheminent les roulottes
Pleurent guitares et violons
De mille et une tristes notes
Aux quatre coins de l'horizon
De la Belgique au Portugal
Et de l'Espagne à l'Algérie
Le clan fuit la guerre mondiale
Puis campe place d'Italie
Django qui apprend la musique
Sur un violon désaccordé
Commence à donner la réplique
À des cousins plus chevronnés
Il poursuit son apprentissage
Sur un banjo-guitare usé
Avec des amis de passage
Et acquiert la dextérité
À douze ans, il joue dans les cours
À treize, dans les cabarets
Puis il prolonge son parcours
Dans les bals les plus réputés
Un célèbre accordéoniste
Dans un festival, le repère
Et le veut comme guitariste
Ce qu'accepte son bon vieux père
Il a dix-huit ans et s'impose
Sur toutes les scènes de France
Mais où que gratte le virtuose
La roulotte est sa résidence
Django y vit avec sa femme
Qui vend des objets en plastique
Qui au cours d'une nuit s'enflamment
D'une manière énigmatique
Fort brûlé à la jambe droite
Et à la main gauche, Django
Un an et demi plus tard boîte
Et quelques doigts lui font défaut
À sa sortie de l'hôpital
Django qui vient d'avoir vingt ans
Est dispensé, c'est bien normal
D'incorporer un régiment
Alors il reprend la guitare
Et malgré tous ses traumatismes
Il joue du matin jusqu'au soir
Et reprend ses automatismes
Mais déjà une autre musique
Appelée simplement le "Jazz"
A déferlé sur l'Amérique
Et pour Django, c'est une extase
Louis Armstrong et Duke Ellington
Deviennent des maitres pour lui
Bien que le musette cartonne
C'est le jazz qui rythme sa vie
Un an sur la Côte-d'Azur
À jouer dans les boîtes de nuit
En font un jazzman pur et dur
Quoique imprégné de nostalgie
C'est là-bas que le guitariste
Croise Stéphane Grappelli
Avec lui et d'autres artistes
Il crée un quintette inédit
"Quintette du Hot Club de France"
Tel est, de leur groupe, le nom
Et leur succès est si immense
Qu'on leur grave un microsillon
Mais quand la guerre se déclare
On ne veut toujours pas de lui
Il peut gratter une guitare
Mais pas le canon d'un fusil
Alors Django poursuit sa voie
Et passe sur scène à Paris
En mil neuf cent quarante-trois
Il se remarie à Salbris
Lorsque la guerre est terminée
Il s'en va jouer à Washington
Et c'est au cours de sa tournée
Qu'il rencontre Duke Ellington
Ce jour-là, Django est au top
Et improvise en jazz manouche
Même si le roi du be-bop
Lui fait un peu la fine bouche
Arrivé à la quarantaine
Django achète une maison
Et s'installe à Samois-sur-Seine
Taquinant guitare et poissons
Eddie Barclay le sollicite
Pour enregistrer ses succès
Comme une carte de visite
Auprès d'amateurs étrangers
Ainsi le "Manoir de mes rêves"
"Nuages", "Insensiblement"
Feront la joie de ses élèves
Sur les quatre autres continents
Peu de temps après Django meurt
D'une hémorragie cérébrale
Parmi les fans, c'est la torpeur
Pour les gitans, sombre une étoile
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