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Avec ses livres sur "Claudine"
"Claudine à l'école", "à la plage"
Ses propres amours féminines
Dessous ses airs de femme sage
Avec son film "Le blé en herbe"
Ses titres, ses décorations
Je lui devais bien une gerbe
Sise en mes "revisitations"
Colette est son nom de famille
Et Gabrielle est son prénom
Elle est la deuxième fille
Et sœur de deux petits garçons
Son père est ancien capitaine
Reconverti en percepteur
Au fond de la Puisaye lointaine
Dans la ville de Saint-Sauveur
Sa mère est une féministe
Mettant, sans se faire prier
Catholiques, évangélistes
Tous dans le même bénitier
Dès sa toute petite enfance
Gabrielle apprend le français
Et partage les connaissances
De son père assez fin lettré
La mère et la fille s'adorent
L'une est une "maman gâteaux"
L'autre est "son joyau tout en or"
C'est vraiment la vie de château
Après avoir déménagé
À "Châtillon", dit "Coligny"
D'à peine dix-huit ans, âgée
Gabrielle croise Willy
Willy, de seize ans son aîné
S'appelle Henri Gauthier-Villars
C'est un célèbre romancier
Qu'elle épouse deux ans plus tard
Saisi par le don de la plume
De son épouse, le fripon
Lui fait écrire trois volumes
Qu'il signe de son propre nom
Mais Wally fait bien pire encore
Il trompe sa femme souvent
Gabrielle alors frappe fort
En sortant un livre indécent
Encouragée par un ami
Elle s'essaie au music-hall
Mimant les scènes de la vie
En se dénudant les épaules
Puis, avec une partenaire
Fille d'un homme très connu
Au temple des Folies-Bergères
Elle s'affiche à moitié nue
[À ce niveau de mon poème
Je dois faire une pirouette
Pour me comprendre sans problème
Gabrielle devient Colette]
Donc, pendant que Colette mime
Et montre le haut de son torse
De son côté Wally s'escrime
À solliciter le divorce
Parallèlement à la scène
Colette écrit de plus en plus
Et professionnelle est la veine
Nourrie par ce tohu-bohu
À trente-neuf ans notre artiste
Laisse tomber le maquillage
Car elle épouse un journaliste
Qui lui confie des reportages
Mais avec le fils de son homme
Elle dresse le "blé en herbe"
Et cette idylle finit comme
Toujours par un livre superbe
Le mari cocu dans l'affaire
Chasse son épouse et le fils
Sauf de son journal littéraire
Car elle est, en chef, rédactrice
Colette apprécie tous les arts
Et même est l'amie de Ravel
Et le "Boléro" mis à part
Il composerait avec elle
En mil neuf cent vingt-cinq, Colette
Pour la troisième fois, convole
Avec Maurice, un homme honnête
Qu'elle connaît depuis l'école
Le couple s'installe à "Saint-Trop"
Mais comme Colette est connue
Venant des confins de l'Europe
Chez eux les touristes affluent
Ils quittent la Côte d'Azur
Pour regagner la capitale
Et se calfeutrent en lieu sûr
Tout le temps du conflit mondial
Colette continue d'écrire
Plus d'une page chaque jour
Et peu-après se fait élire
À l'académie des Goncourt
Elle en devient la présidente
Au bout de quelques mois, à peine
Et pendant les années cinquante
Elle y règne comme une reine
À quatre-vingt un ans, Colette
Sentant venir ses derniers jours
Édite ses œuvres complètes
Et puis s'envole pour toujours
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