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Là-bas aux confins des Balkans
Une petite silhouette
Quitte sa maison en pleurant
Sous le nom de sœur de Lorette
Elle ne le sait pas encore
Mais sa vie sera une astreinte
Et peu de temps après sa mort
Le pape en fera une sainte
De son vrai nom Agnès Gonxha
Elle naît en mil neuf cent dix
Fille de Drane et Nikola
Qui n'auront jamais eu de fils
La mort soudaine de son père
Laisse la famille aux abois
Heureusement Drane, sa mère
Trouve la force dans sa foi
Formée par des frères Jésuites
Agnès veut être missionnaire
Ainsi en mil neuf cent vingt-huit
Elle quitte son coin de terre
Elle reste un an en Irlande
Dans un institut religieux
Et tant sa passion est grande
Envers Thérèse de Lisieux
Que ses supérieurs la surnomment
Rapidement "Sœur Teresa"
Et sur l'assentiment de Rome
Elle embarque pour Calcutta
Durant deux ans elle étudie
Puis, connaissant tout du bon Dieu
À la mission Sainte-Marie
Elle peut prononcer ses vœux
À vingt-sept ans, la bonne sœur
Devient mère le jour de Pâques
Pas encor mère supérieure
Mais pas moins inférieure au Lac
En mil neuf cent quarante-quatre
Alors que la planète entière
Passe des années à se battre
Teresa vit dans la prière
Et bien qu'elle soit directrice
Elle veut quitter la mission
Afin de se mettre au service
Des pauvres de cette nation
Ainsi, sur l'ordre du bon Dieu
Teresa, à trente-huit ans
En sari blanc, bordé de bleu
Passe les portes du couvent
Après quelques stages utiles
Sur la médecine et l'hygiène
Elle entre dans les bidonvilles
De la grande banlieue indienne
Elle visite des familles
Lave les plaies de leurs enfants
Prend soin d'un vieil homme en guenilles
Donne du pain à un mendiant
Chaque jour, après la prière
En égrenant son chapelet
Elle retrouve la misère
Des "rejetés", des "mal-aimés"
Mais contre mauvaise fortune
Mère Teresa fait bon cœur
Car pour l'épauler, une à une
Arrivent d'autres bonnes sœurs
Lentement le bouche à oreille
Se propage dans le pays
Des centaines d'autres abeilles
Bourdonnent pour sauver des vies
Bientôt aux quatre coins du globe
S'érige sa congrégation
Jusqu'aux pays "christianophobes"
Dont les pauvres sont par légions
Petit à petit on l'honore
On la visite avec respect
Et puis un jour on la décore
Du grand prix Nobel de la paix
À soixante-quinze ans, la mère
Habite toujours Calcutta
Et malgré sa santé précaire
Elle mène encor son combat
Après un ultime voyage
Auprès du pape Jean-Paul II
Un long dernier, elle envisage
Auprès de l'unique bon Dieu
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