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Que sais tu du foisonnement doré du mal ?
Que sais tu de la surabondance ?
Que sais tu de la sage espérance ?
Toi, la femme au front serti et au visage pâle !
Que prononceront tes lèvres rouge sang ?
Qui feras tu jaillir, à la fin, de tes entrailles ?
Quel petit être coucheras tu sur la paille ?
Toi, la femme fertile promise aux anciens temps !
Quelle terre nouvelle naitra de l’ancienne ?
Quelle cité pareille à Jérusalem bâtir ?
Quelle eaux boire, sur quel chemin veux tu partir ?
Toi, l’Homme de l’attente qui m’a fait sienne !
Sous quels cieux installerons-nous notre tente ?
Vers quel Dieu tournerons-nous nos yeux ?
Quand cesseras tu ces combats et ces jeux ?
Toi, l’Homme que la voix a fait soudain prophète !
Fermerons-nous toujours les yeux à la misère de nos frères ?
Monterons-nous encore plus haut les murailles de pierre ?
Descendrons-nous encore plus bas avec la misère de notre or ?
Nous, le couple annoncé à l’Humanité pour justement la parfaire !
Avec les fruits de l’arbre fécond,
Avec les feuilles de l’arbre bon,
Avec l’eau fraiche de la source,
Avec la foi et sa toute puissance,
Nous le couple présent,
parfumé dans l’encens,
proclameront la Justice
Et de l’Amour, la force.
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