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Comme j’ai attendu neuf mois mon enfant,
Je t’ai attendu mon Dieu, comme un amant.
Le soleil dardait de ses feux ma tente
Rendant si brulante de toi mon attente.
J’avais peur, comme un père tremble pour son nouveau né.
Je te sentais terrible dans ta miséricorde et ton éternelle bonté.
Le poids de ma souffrance brisait mes épaules. Tant de malheur !
La fine lame du mal fourrageait, patiente, intraitable, en mon coeur.
Goutte après goutte s’écoulait hors de moi le sang de la vie,
Seul restait l’espoir ultime de la libération par la mort.
La corde était prête et attendait, certaine, ma tête. A tort !
Grâce de la présence de la cité promise pour aujourd’hui.
Ce ne sont ni les ors, ni les pierres précieuses, ni la lumière,
Qui me donnèrent de croire en cette folle espérance,
Mais les lèvres de la promises et ces êtres dans l’enfance,
Promesses d’un nouveau monde, terres et mers premières.
Délivrées de la barbarie des hommes et de leur tranquilles horreurs,
Eux, qui soudain, convertis par l’eau de la source jaillissante
Se baptisaient à tour de rôle dans la beauté aimante
D’un peuple enfin réconcilié avec son Dieu, oublieux de ses terreurs.
La destruction des vielles cités,
Les fruits de l’arbre et ses feuilles,
L’enfant sauvé et nourrit de miel,
La défaite du dragon transpercé,
Tout annonçait la célébration
De la bienheureuse libération.
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