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Une Finitude infinie.
…..L'Esseulement, la Désertion des Dieux et le Veuvage sont l'éternelle Essence inapparaissante des Mondes, sont l'éternel Commencement continué du Mouvement des Mondes incréés, l'Ecart et la Distance, l'Individuation. Eternité archi-originaire du Devenir et du Chaos des Mondes ! Accrétions, Morcellements, Dissolutions !
Un Battement commence le Vivant! Eau, Roche, Limons, Marécages et Lumière, Feux et Vents, Premiers Acides, Métabolismes, Premières Palpitations, Premières Morts ! Nous avons Origine de Terre et de Lointains, de Puissances aveugles qui composent et démembrent. Puissances indifférentes qui traversent et travaillent les Mondes, la Chair vive et mourante , Nous-mêmes, errant dans la Surprise et l'Inconsolation !
Dis, est-il possible d'en traverser la Peur, d'en accueillir l'Etrangeté, la Puissance arrivante, le Lit ardent de Braise, le gouffre d'Eau profonde, vertigineux Chemin de crête, le Pont d'épée coupante ou le Gué périlleux ? Longer leur Précipice ou descendre en leur Centre, avec Rigueur, Impassibilité, Equilibristes, Archéologues à demi-éveillés que nous sommes ? Atteindre enfin, peut-être, cette Muraille d'Opacité, le Coeur sauvage de ces Poussées contraires et la Légalité secrète des Opposés, le juste Point entre Souffrance et Joie supportables, la Clairière apaisée et l'Ordonnancement caché dans le Jeu de l'Ouvert et du Recouvrement ? Dis, est-il Posssible ?
_ Je ne cherche, avait-elle murmuré, ni les Sommets stériles ni l'Inconnaissable ni la Froideur des Cryptes ni les vaines Cavernes d'Oracles sibyllins ni le Brasier insoutenable des Puissances et Surpuissances, je ne cherche, avait-elle ajouté, ni les Essences primordiales ni le Veuvage ni le Retour des Dieux enfuis ni le Graal absolu dont Perceval fut ébloui jusqu'au Mutisme, ni le Vocable ni le Réel ultimes que nous ne savons pas ni la Fleur bleue du pauvre Novalis qui tant rêva ni le Savoir Universel qui jamais ne se clôt ni l'Inhumanité du plus Loin, du plus Profond que nous-mêmes.....En Vérité, disait-elle, nous ne sommes qu'un Moment et qu'un Point dans la Continuité des Mondes et de la Manifestation, dans le Procès sans Cause ni Raison du Cours des Choses, je cherche la Tiédeur, la Pacification de Soi et la Quiétude, la Tiédeur veloutée d'un Jour d'Automne couleur d'ocre et de feuilles, dans le Labyrinthe des Jours et parmi les Semblables, les Amis inconnus, pour l'Accomplissement des Rites calomniés du Quotidien, une Parole rare, précise et mesurée, tressée de riches Silences pour de très riches Heures avant que de déchoir dans la Folie certaine du Vieillir, l'Etoffe irréversible de la Mort......
_Certes et pourtant nous sommes part de ces Puissances ! Puissances créatrices, Puissances destructrices, Levain des Mondes, Dissolution des Mondes, Surrections, Effondrements ! L'Histoire est habitée de Ruines ! Nos Constructions sont Devenir de Ruines ! Nous ne pourrons jamais que le Recueil inachevable des Traces et des Vestiges, ourlés d'Ancienneté et de Lointain, nimbés d'Inconnaissance, de Désajointement et de Beauté ! Ô Lierres ! Ô Vignes vierges ! Rosiers sauvages, Herbes, Lichens, Plantes et Fleurs rudérales sur des Pans d'Edifices rongés de Vide et désarticulés qui mêlent indéfectiblement et la Vie et la Mort, la Mémoire et l'Oubli ! Ô désapprendre la Peur, désapprendre l'Espoir et supporter le long sevrage du Bonheur, la Parcimonie recherchée du Désir et de la Volonté, l'Absence de l'Amour et le Vieillissement du Corps ! Puissance du Devenir ! Nous sortons de l'Indifférencié pour retourner à l'Indifférencié !
Et pour les Jours qui restent, amenuiser le Moi jusqu'à l'Insignifiance souriante, cette difficile Sérénité dont parlent les Paroles d'Origine, de l'Occident et de l'Orient. Ataraxie et Nirvana que nous avons à déchiffrer, à réinterpréter, à dépasser, peut-être, selon d'infimes Variations pour l'Aujourd'hui et pour ce qui advient......Ô regarder passer les Jours, sans Nostalgie ni Amertume, plonger dans le Sommeil divin des Nuits, attendre sans attendre, sans Espoir et sans Crainte, le Jour du Grand Repos, Visage et Corps à jamais verrouillés, libérés ? « Prépare-toi ! ».
Qu'un Chant sauvage et doux naissent des Poésies archipéliques, les Oeuvres d'Art te soient Méditation et Exercices quotidiens, même dans la Mélancolie !
Esseulement, Veuvage et Désertion enveloppent nos Vies ! Une Finitude infinie.........
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