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J'ai endossé l'habit du promeneur heureux
J'ai vu surgir au loin vallons et sentiers
Et les bâtons crochus caresser mes chevilles
Le crissement des feuilles encore plaintives
M'attristait tant et tant que mes yeux humides
Imaginaient à peine, au détour du chemin
Les fleurs inouïes et fraîches du matin
Qui renaissent toujours de ce terreau si doux
Leurs couleurs mirifiques encor réinventées
Ineffable fraîcheur, immortelle candeur
J'ai chaussé les bottes, les chaussettes rugueuses
Pour parcourir sans fin ces paysages beaux
Respirer le bonheur à tous les carrefours
Des venelles étroites bordées de ronces
Douloureuses, cruelles avec le cueilleur
Cathédrale de vert au printemps triomphant
Camaïeu de jaunes, automne finissant
Ces campagnes normandes m'ont aidé à vivre
Ces années sombres où je perdais l'esprit
M'abandonnant entier au gris du désespoir
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