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Sans cible est la pluie (Yohanân )

le lundi 29 août 2016, à 14:57. Posté par COLLECTIF (auteur : Yohanân)







C’est ainsi que la pluie tombe ici sur Paris, 
Sur Bordeaux et sur Pau mais dans ma gabardine 
Mon petit être gras, au ventre qui boudine 
Est au sec protégé d’un dé de Campari. 

Alors, où est de l’eau la cible ? Peu me chaud 
Car mon toit est sur moi totalement étanche 
Où ne vont ni goujon ni alimentée tanche 
Amateurs d’aqueuse fraîcheur chassant le chaud. 

Qui pousse le liquide élément au hasard 
Sans viser les pieds de l’effacé, du sans cible ? 
(Qui se prend, cependant - qu’il soit dur ou sensible – 
Le colis d’un bon poids des cieux du grand bazar.) 

Que je sois à Lens, à Blois ou sur mon vélo, 
Je reste recouvert d’un mur très sûr de toile 
Et quand je dors dans mon sac à la belle étoile 
Je songe en rêvant à pouvoir esquiver l’eau. 

La pluie a-t-elle un plan pour laver le sali, 
Abreuver à temps le jeune plant de tomate ? 
De sa casemate, elle sort en automate 
Et affecte Aude, Alain et soudain blesse Ali. 

Elle plique ploque sur le nez rond d’André, 
Hache menu menu le navet d’Antoinette, 
Fait place nette dans un coin de la planète 
Et tapote le long bec d’un héron cendré. 

Bien des gens engageants et des fleurs la verront 
Au hasard d’un sentier, d’un étang, d’une allée, 
Sur le parvis mi-gris d’une église dallée 
Dominant les brebis d’un bled de l’Aveyron. 

Une nuit, elle a fui et a nui l’ex Ceylan 
Désormais Sri Lanka à l’étroit près de l’Inde 
Et la mer accourut sur terre à toute blinde 
Suivie d’un vent soufflant d’un air vif excellent. 

Pommelée en ondée, un sol jeune ou plus vieux 
L’accueille – soulagé – en répandant sa masse 
Et le fjord antique dont la glace s’amasse 
La reçoit dans l’espoir d’un été moins pluvieux. 

Peu me chaud son impact ; j’abhorre les grincheux 
Négligeant les bienfaits de la vraie pèlerine 
Plus aisée à porter qu’un ciré de marine 
Pouvant se déchirer sur un piton rocheux ; 

Hier, j’étais à côté d’un menhir acéré 
Arrivé sans un bruit (passé par la Bretagne) 
Et j’ai cru à une farce de la montagne 
Quand son pic trop pointu sans parler m’a serré, 

M’a troué sous le cou du haut du dos au rein : 
Les nuées chargées ont rangé leur stock énorme 
Entre peau et tissu, se gaussant de la norme, 
A l’instar d’un vaisseau naviguant sur le Rhin. 

La chantent, l’implorent en dansant, les Indiens 
Sans que pende un seul sens au bout doux de sa goutte 
Et peut-être à part Thor, le monde se dégoûte 
De subir son fort sort sous tous les méridiens. 

Don’, l’ondée, l’averse, la bruine, les eaux 
Sont amis-ennemis, composants de la vie 
Qui se plaint dimanche et qui lundi est ravie 
De nourrir dans les nids, les petits des oiseaux. 

Selon ma volonté, en congé, ce jeudi, 
Je serai son ami (mon cœur est perméable ;) 
J’ôterai sans souci (pour lui être agréable) 
Mon père imperméable (hé, c’est ce que je dis.) 




Yohanân
http://www.mespoemes.net/jmbollet












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