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J’écris pour être heureux
J’étais un soleil froid et mes jours nuageux
Ne m’encourageaient guère à sourire à la vie
J’avais l’amour au cœur plutôt moyenâgeux
Chaque jour qui passait abandonnait l’envie
Au fond, je m’ennuyais de ne voir que du ciel
Le tombeau qui, pourtant, nous pousse à la survie
J’avais le verbe en moi toujours confidentiel
Des mots de paradis confiés à la terre
Lorsque me vint la rime ainsi qu’un arc-en-ciel
Messagère divine en offrant ton mystère
Tu m’as montré le monde au-delà de mes yeux
Et j’accepte depuis ce brûlant ministère
Mais je reste un humain et j’ignore où les Dieux
Cachent la vérité, peut-être que l’automne,
De mes ans, me dira comment aller aux cieux
Mais à l’instant je plonge où n’est venu personne
Dans mes vers d’océan recherchant la beauté
Nageant dans le poème au point que j’en frissonne
Je connais chaque mer et leur douce clarté
Les vents et l’horizon, la plus vierge montagne
L’espoir encourageant ma jeune liberté
Je parle des moissons, des fleurs, de la campagne
De ce poète mort survivant en mon cœur
Et qui m’a fait choisir la rime pour compagne
En mémoire, jamais, je n’ai plus de rancœur
L’ombre ne touche plus mes regards sans feuillage
Et je connais souvent les larmes du vainqueur
Mais ce bonheur fragile et d’un beau maquillage
Je dois le protéger ainsi qu’un diamant
Qu’il ne vive jamais les affres du grillage
Dès lors, je me complais au sein du firmament
Rimant avec souci, plaisir et frénésie,
Comme à sa femme l’offre un prodigieux amant
Le verbe pour l’honneur de toute poésie
Orbel
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