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Je voyageais la nuit dans de grands wagons gris
Qui exhalaient sans fin la rumeur et l'ennui,
Les aigreurs et le bruit des foules éphémères,
Les regrets douloureux des couples adultères
Je parcourais alors le ténébreux pays
D'une existence vide, un amour qui s'enfuit
Et c'est la vie qui croule en amas de misères,
Et c'est le cœur qui doute et retourne aux mystères
Je me suis retranché sur ce balcon fleuri
Dans cet immeuble bleu j'ai connu le répit,
Je les aimais pourtant mes profondes blessures
Si je les caressais, ces anciennes douleurs
C'était pour retrouver de tes yeux les couleurs,
Et la vie reprendra avec ses meurtrissures
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