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Arsenic et crèpes dentelles
C’est vers l’an dix-huit cents qu’Hélène vit le jour
Au cœur d’une Bretagne où de sombres légendes
Façonnèrent l’enfant qui rêvait sur les landes
Au point de la mener, femme, devant la Cour.
Fidèle aux korrigans des chaumes alentour
Elle quitta pourtant ses chers menhirs et brandes,
Dédiant au Faucheur ses premières offrandes
Après avoir occis mère et tante à son tour.
Cordon bleu s’il en fut, mariant soupe aux herbes
Et crêpe à l’arsenic pour convives acerbes,
Bien des lustres durant elle pourvut l’Ankou
Mésusant sans remords de son art culinaire
Jusqu’au matin chagrin où l’on trancha le cou
D’Hélène Jegado, dite Fleur de Tonnerre !
Jean-Claude JUGAN
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