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dédié a Anita qui aime autant le chant de la mer que moi
Marc Blayot
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Je met ici un poème de mon ami Marc Blayot qui vient de nous quitter aujourd'hui 29.04.2005,victime d'une hémoragie cérébrale à l'âge de 57 ans
C'était un homme merveilleux ,victime d'un accident de plongée sous-marine il y a 10 ans il était tétraphlégique et muet ,malgré cet handicap très lourd ,il donnait tant par son courage ,sa joie de vivre et son amour des autres que son départ plonge dans une grande tristesse tous ses amis
Quand a moi j'ai perdu un ami ,un frère, un complice de plume et de coeur
Merci a vous de le lire en lui envoyant une pensée.
19 - Le caillou du bagne
Les roses trémières naissent dans une moiteur de rosée,
Les pâturages exhalent leurs arômes d'orangers.
Les confidences obscures jaillissent du monde des songes
Quand je pousse les volets bleus… Les ressacs les rongent !
Les mots de Ré non dits restent des fleurs du silence
L’île aux vélos s'offre entière au soleil en transe.
Saint-Martin en Ré tend ses bras vers la lumière,
Les forçats prient devant les reflets de l’amer.
Un galet plein de misère pleure à Saint-Martin,
Il se rappelle d’un forçat jugé bon à rien.
Le caillou tergiverse des années mal à l’aise,
Il en entame des pieds dans la prison rétaise !
Les chaussures élimées écrasent le sable sauvage,
Elles s'abandonnent béantes aux caresses du rivage.
La pierre ne peut pas courir à l'appel des vagues.
Elle ne sait que frayer inerte avec les algues.
Sans amasser de mousse, la pierre roule dans le port,
Un marin sur la plage l’abandonne à son sort.
Abandonnée de tous, accablée de hasard,
Elle vole, en catimini, l’existence des bagnards.
La pierre des songes s'enroule dans un velours turquoise,
Elle subit les quolibets d'une mouette narquoise,
Elle se fait une robe ourlée d’un volant d'écume.
La pierre mouillée attend le forçat sur la dune.
Dans mon cœur distillant l’émoi pour l’île de Ré,
Mes mots vivent au carrefour de la vérité.
Ils chassent pour toujours l’horreur et les frayeurs,
Ils décantent la frayeur pour faire fuir la douleur.
Les tragédies de la pierre aujourd’hui s’effacent.
La menotte sereine d’un chérubin la ramasse.
Le galet témoigne d’un passé inoubliable,
Le bambin distrait joue avec lui dans le sable.
Marc :– 15/01/2005
Si vous voulez lire d'autres poèmes de Marc ,son site
http://pageperso.aol.fr/journcoq/cocorico.html
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