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Naissance ...
MUSIQUE :
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Jadis il y avait un immense océan,
Parcouru seulement du long souffle du temps.
Pas de jour, pas de nuit :
Rien que le vide urgent de l'amour qui s'ennuie.
Soudain cessa le vent ;
Un soleil se levant,
-Que personne ne vit-
Fit l'amour à la mer et lui donna la vie.
C'est depuis que la mer, que la lumière attire,
Vient caresser la terre quand son amant se lève
Et mourir de désir,
Offerte, sur la grève.
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Il y eut un matin, prime aurore des cieux,
Qui mit des flaques d'or dans le grand désert bleu
Puis il y eut un soir sur le froid désert noir
- Mais personne pour voir.
Des algues fureteuses, des coquilles sans âge,
Tout un peuple abyssal fait d'esquisses de vie,
-Que personne ne vit,
Sortirent de la nuit sous des lueurs d'orage.
Sur ce monde en puissance qui hésitait à naître,
Où l'enfant qui vagit n'osait encore paraître
Tandis que le néant le disputait à l'être,
Chacun des éléments voulut régner en maître :
Le feu pour les volcans, le ciel aux ouragans,
La terre chevauche l'eau cabrée contre le vent :
La nature criait mais nul ne l'entendait
Car l'Homme était muet et le Monde attendait.
Dans l'haleine du temps, les siècles en un torrent
Coulèrent droit devant sans rencontrer d'amants …
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Vint un matin charmant dans un jardin d'enfants ;
Elle est nue et babille, une feuille l'habille ;
Il est pur et gracile, tout d'ardeur juvénile,
Juché sur la voussure aimable d'un éléphant.
Les oiseaux se sont tus ; la nature attentive
Entoure les enfants nus que leur regard captive.
Ses yeux parlent à ses yeux …
Sa main touche sa main …
Pas un bruit dans les cieux …
Frisson dans le matin.
Alors …
Le feu quitte les volcans pour brûler dans leur cœur,
Le vent cède la parole et la donne à leurs ris,
La terre offre son herbe à leur tendre moiteur,
Le mer retient son souffle dans l'attente d'un cri.
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Et c'est ainsi ma mie
Qu'un ultime matin,
Sur ta main endormie
Je poserai ma main.
2003
***
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