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J'aime à penser que les poèmes
que j'ai rêvés
et que je n'ai pas faits,
que je n'ai pas écrits,
et pas dits
même s'ils ne seront plus tout à fait les mêmes,
ne sont pas endormis dans la nuit du hasard.
Je formule ici ce souhait
qu'une rime jolie pousse ainsi quelque part
au gré du vent de la mémoire
-collective et partagée,
d'universelle humanité-
montée soudain de nulle part,
créée par l'onde des pensées.
Ou bien qu'un ange l'a cueillie
ainsi qu'un pétale embaumé
et l'a portée là-bas, au loin,
dans un pays de peur et faim,
en mots nouveaux, en mots chéris,
pour qu'un enfant de ce pays,
un enfant qu'il aurait choisi,
découvre en lui, ainsi surgi
un peu de paix et de douceur
pour lui rendre la vie meilleure,
un peu de joie en sa demeure,
un peu de baume pour son malheur,
un peu d'espérance en son coeur.
Si le désir est assidu,
le poème qu'on a rêvé
et que l'on n'écrira jamais,
pourtant ne sera pas perdu
pour notre pauvre humanité
qui a tant besoin de beauté.
Ploufragan (22440) Octobre 2016
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