JARDIN DE LUNE

 

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MES LATITUDES (à mon amie Aline)

le jeudi 13 octobre 2016, à 19:38. Posté par Philip de Berg


    De l’ovale d’un ange au regard un peu las*,
    Le miroir renvoie-t-il à mon âme enfiévrée
    Cette image éphémère où se coulent mes pas,
    Tandis qu’un soleil lourd accable la cendrée

    Qui défaille et se couche aux matins de mes jours,
    Comme une teigne absurde enivrée par la pluie.
    Et je prenais la route, inventant des discours,
    Aux parfums d’aventure où la flamme alanguie

    Des grands volcans muets, affrontait sans orgueil
    Les marées déchainées dont le souffle s’efface
    A mesure que s’endort le rôdeur sur le seuil.
    Eblouissante envie de défier mon audace !

    Je les ai vus danser, ces cascades fébriles
    Qu’une ivresse immobile agitait sous la nue,
    Et je me consumais pour des rimes fragiles,
    Contemplant en secret, leur trop pâle étendue.

    J’ai vu tant de clochers miroiter à l’aurore,
    Danser des insensés ballets pour mes demains,
    Sans trembler un instant à la moue carnivore
    Qui guette dans les nids des remords incertains.

    Et mon esprit nomade, aux couleurs immobiles,
    S’emballait chaque nuit, rêvait de latitudes
    Où l’odeur du silence avait des goûts futiles.
    Et moi, le voyageur, brûlant mes lassitudes,

    Je cherchais le sentier menant à mon repos,
    Sans exil, sans tristesse au large du rivage
    Et plus loin que les monts ; pour narguer les cargos
    En partance d’Ailleurs, et masquer mon visage.
    ............................................................................
    Je rêvais de latitudes,
    En méprisant mes certitudes.

    * allusion à cette phrase : « Il avait le visage parfaitement ovale d’un ange en exil….. »
    (Paul Verlaine parlant d’Arthur Rimbaud)

    (photo : Philip - sept. 2016 - Myrtle Beach, Caroline du Sud)

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commentaires ( 11 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (JARDIN DE LUNE) le jeudi 13 octobre 2016, à 19:48
Je dédie ce poème - une fantaisie rimbaldienne - à mon amie Aline (P'tite Liline) admiratrice de Rimbaud comme moi. Ah, "Bateau ivre", tu nous envoûteras toujours ! Ces latitudes sont -elles celles que j'emprunte inlassablement....à la recherche de certitudes ? Philip.

Aline le jeudi 13 octobre 2016, à 20:28
Ton poème est magnifiquecomme toujours. Ce doit être patiinnant de voyager, de découvrir d'autres paysages ainsi que d'autre culture. J'espère avoir la même chance que toi plus tard. Merci beaucoup pour l'avoir dédié ce poème.

Philip (JARDIN DE LUNE) le vendredi 14 octobre 2016, à 08:57
Pour ALINE :
Merci beaucoup d'avoir aimé. En te le dédiant, c'était un peu une manière de me faire pardonner pour mon énooooorme retard dans ma partie pour notre poème commun sur Rimbaud qui heureusement va bientôt voir le jour.
Oui, c'est fascinant de parcourir le monde et de découvrir d'autres paysages et d'autres cultures.
Je te souhaite cette même chance à toi.
Quant au sens de ces incessants voyages (je leur donne souvent le nom "d'errances" pour marquer l'interrogation du but - pas si clair - que je leur donne - eh bien justement, mes vers ici donnent peut-être une clé inconsciente. Mais je donnerai d'autres précisions plus tard en répondant à d'éventuels autres commentaires que peut-être d'autres ami(e)s du site auront la gentillesse de me faire. Amitiés et bisous, Aline. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

domidom le vendredi 14 octobre 2016, à 17:31
Vraiment superbe...
J'ai adoré, Bises, Domie

Philip (JARDIN DE LUNE) le samedi 15 octobre 2016, à 06:50
Pour DOMI : ben merci. J'ai mis du coeur à écrire ce poème. A la fois un hommage à Rimbaud (son Bateau Ivre) et une recherche du sens des voyages-errances.
Alors, ça me fait plaisir que tu aies aimé ce poème. Ne te fatigue pas trop pendant ton week-end qui s'annonce chargé. Bisous, Domie. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Nisti le samedi 15 octobre 2016, à 10:30
On se cherche, on trouve, mais on se perd. C' est un cycle quasi-infini.

Au terme de tout ces voyages, de plages immaculées au crépuscule, jusqu' au monts arides où bouillonnent des flammes infernales, on retrouve un poème magnifique. Et même si dédié à Aline, et en combo un hommage à Rimbaud, il colle parfaitement au deux.

Tu fais mouche une fois de plus, mes amitiés, Nisti.

Philip (JARDIN DE LUNE) le dimanche 16 octobre 2016, à 11:43
Pour NISTI :
cher Nisti. Content de te retrouver. Le début de ton pertinent commentaire vise très juste. Je peux t'en confirmer le vécu. Et, comme je le disais plus haut, s'en m'en être rendu compte, ce poème qui explique un peu, de façon confuse (ou non ?) le sens de cette boulimie d'errances-voyage, est assez près de ce que tu dis : chercher et SE chercher. Perdre un temps son chemin et SE perdre, trouver parfois. Et tout ça dans le sens aussi du fameux et socratique, au bout du chemin, "je sais, je sais que je ne sais rien". Oui, Rimbaud, Aline et ce prélude au vrais poèmes-impressions d'errances-voyages qui vont venir, sont cohérents. Alors, si j'ai fait mouche, tant mieux. Je vais penser à aller voir ce qu'un certain Brett a posté pendant mon absence. Amitiés, Nisti. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

guillaume le lundi 17 octobre 2016, à 20:32
bonsoir cher ami philip, magnifique!!!!ton poème comme les autres,, je serais incapable d'écrire aussi bien, chapeau bas l'artiste, il a pleins d'exquisités dans la nature de ton poème, et aussi dans la nature que tu décris comme un peintre, c'est très artistique je trouve, merci pour ce beau voyage mon ami philip, amitiès. http://www mes poèmes.net/funky571/

Philip (JARDIN DE LUNE) le mardi 18 octobre 2016, à 06:49
Pour GUILLAUME :
Merci, Guillaume. Comme un peintre ? Peut-être, si l'on considère que le peintre (surtout les impressionnistes formaient leurs couleurs et leurs coups de pinceau comme ils les voyaient (dans leur yeux mais aussi dans leur coeur). Alors, peut-être que dans mes poèmes descriptifs, je vois sans doute toiut cela avec un peu de mon coeur aussi. Oui, ça soit être ça ! Amitiés, Guillaume. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

Elise289 le mercredi 19 octobre 2016, à 07:07
Bonjour Philip,
Me voilà sur tes latitudes à prendre de l'attitude pour suivre tes "errances" .
Un poème pleins de résonance pour trouver, comme tu le souligne ,le chemin intérieur qui conduit à l'apaisement et à la sérénité.ce voyage prend certainement plus de temps et nous fait marcher parfois sur des chemins rocailleux pour atteindre les sommets et savourer la beauté d'un paysage.(
Les associations des éléments liés aux sentiments puissants:
Cascades fébriles
Clochers miroité à l'aurore
volcans muets,
Une douleur comme une flamme pour trouver "le chemin du repos"
Les voyages donnent souvent le blues et l'impression d'un vide quand on reprend le quotidien pourtant si charger.
La a vie est voyage et quête à la fois à condition de garder les pieds sur terre..
La touche rimbaldienne qui colore ce poème "aux odeurs de silence"lui donne toute sa fragilité,sa force et sa fièvre .
Mes lattitudes je les nomment Mrs envolées de funambules...
Un poème qui revient à mon souvenir que je posterai plus tard quand je l'aurai nettoyer mes vers sur des vagues douces en prenant la mer..:)
J'aime surtout cette strophe:

J' ai vus danser, ces cascades fébriles
Qu’une ivresse immobile agitait sous la nue,
Et je me consumais pour des rimes fragiles,
Contemplant en secret, leur trop pâle étendue.

Très beau poème qui glisse sur l'eau et qui est profondément empreint de sentiments.
Amitié
Elise

Philip (JARDIN DE LUNE) le mercredi 19 octobre 2016, à 08:00
Pour ELISE :
Merci pour ton looooong commentaire.
Très riche ! Et on ne peut faire de longs romans sur l'espace coms et ta réponse mériterait de looooooongs rebondissements.
Alors l'essentiel ?
Le blues des retours ? Oui, car c'est le retour à la réalité quotidienne.
Oui, il est "profondément empreint de sentiments" mon poème. Chemins rocailleux ? Oui....mais pas celui des voyages (on se sent léger, qu'importe le sol), mais de la vie, tout simplement. Alors on cherche un substitut : justement, le chemin doux du voyage.
Empreint de sentiments, encore : c'est, quand je parle de ces incessants voyages, pas par vantardise, mais comme s'il y avait un message à chacun "ah, j'aimerais tant que tu sois avec moi pour voir et partager tout ça.....qui emmène si loin de la réalité". L'odeur du silence, est le silence fracassant qui accompagne mes voyages "intérieurs" qui sont en parallèle aux vrais voyages.
Enfin, tu ne l'as peut-être pas perçu, comme les autres ami(e)s, car le message est caché (involontairement), il y a dans ces voyages (et c'est pour ça que je les appelle aussi "errances") quelque chose - je n'en suis pas sûr - qui est une sorte de fuite en avant. Et s'y substitue alors ce sentiments merveilleux de voir le monde, mais surtout les Hommes. Et pendant que je me questionne (comme le faisait donc Aragon : "est-ce ainsi que les hommes vivent "?) j'oublie ce qui est peut-être ce sens (dérangeant ?) de mes errances.
Merci à toi, Elise, de faire prospérer ma réflexion. J'attends de lire, le moment venu ton ancien poème, que tu évoques dans ton com'. Amitiés et belle journée à toi. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

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