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Oui, je me suis enfui, vous laissant au château
Auprès de mon épouse. Elle me disait « reste !»
Ne voyait-elle pas venir le serpenteau
Qui me poussait vers vous pour commettre l’inceste ?
Je faisais tant d’efforts ! J’essayais d’éviter
Votre parfum subtil, votre douce présence ;
Dès lors le seul remède était de tout quitter
Et de partir très loin, comme une âme en errance.
Mais, c’est plus fort que moi, Je reviens au logis,
De vous y retrouver, comme un aimant, m’attire ;
Votre absence me glace et mes yeux sont rougis,
De ne pas vous avoir, je souffre le martyre,
Lorsque vous me verrez de loin sur le chemin,
Agitez un mouchoir, je saurai par ce signe,
Par ce bout de tissu tenu dans votre main,
Si, d’être votre amant, vous m’aurez trouvé digne.
Ô vous qui de là-haut surveillez mon retour,
Lorsque je reviendrai, trouvez un stratagème
Pour venir me rejoindre au pied de notre tour :
Ce n’est point votre sœur mais vous, Anne, que j’aime !
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