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La source cristalline emporte au fil de l'onde
Les beaux pétales blancs qu'avril avait fleurit
Hier, sous le soleil, bercé de moisson blonde
Notre jeunesse en fleurs par l'amour ennoblit
A l'ombre des lilas, nous semblait immuable
Le merveilleux tapis de tendresse bruissait
Au rythme évocateur du serment véritable
Un vol de gouttes d'or du feuillage tombait
Et des anges pour nous parlaient dans le zéphire
A l'ombre des écrins aux feuillages dormants
Nous susurraient des chants que l'amour seul inspire
L'écho nous renvoyait plein de cris émouvants
Et quand venait le soir la fleur devenait urne
Débordante de miel, aux beaux calices d'or
Tant de trésors brillaient dans cette paix nocturne
Que nos regards semblaient les blés de messidor
Cependant que nos corps, dans un nid de bruyère
S'ébrouaient de bonheur, au soleil de nos doigts
Ce berceau verdoyant festonner de lumière
Accueillait nos baisers, nos foudroyants émois
Que la moisson fut bonne à nos âmes fidèles
De suprêmes bouquets enlaçaient nos cheveux
Enchantaient nos regards d'étoiles immortelles
Et plus d'un souffle ardent devenait fabuleux
Aujourd'hui je m'émeus, aux pages de l'automne
Et je rêve paisible au sublime destin
Déjà dans le jardin, la feuille tourbillonne
Souvenir de jadis, au cœur devient satin
Sans regret des beaux jours s'amusent les abeilles
Dans leur beau corset d'or sous la clarté des cieux
Puissent nos deux cœurs être à leurs âmes pareilles
Pour que ce bel amour demeure merveilleux
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