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LUI :
Lorsque dans tes mirages,
Tu abrèges mes silences inquisiteurs
Pour m'inviter à tes exodes ardents,
Le plaisir rententi triomphant,
Dans la confusion de mes nuits blanches.
Le pourpre flamboie comme une apothéose,
Ruisselle de sa complaisance,
Transpire de tous ses pores,
Confus, mais conquérant, il se répand soyeux
Un chaud nectar, sur mon échine soûle...
Je me retiens pourtant de te dire combien,
De te montrer comment... je m'imprègne de toi.
Drapée dans ta beauté fragile,
Tu es là, face à moi, flattée de la servitude dont je t'honore
Je te regarde, je te respire, je te ressens
J'effleure les dentelles ajourées,
La création du monde, les silences saccadés...
Le jour arrive, comme une ombre furtive.
Je dois quitter ton rêve, mais je te le promets
Ce soir à notre rendez-vous,
Je viendrai en courant,
T'offrir mon impatience de te retrouver.
Elle :
Pour rendre encore plus belle,
La plus belle de tes nuits,
Je broderai au fil d'argent des caftans* transparents
Je ferai jaillir d'un puit sans fond
Les sources chaudes de Volubilis.
Pour que tu n'oublies pas que mes doitgs sont agiles,
Je tatouerai des volutes espiègles sur ton ventre soumis
Comme si de rien n'était, de ci de là, à pas feutrés,
A l'heure tendre des clairs-obscures,
Je sortirai du songe qui te garde évéillé.
Passant de l'ombre à la lumière
Ma silhouette s'étirera, comme une symphonie.
Et tu verras se dessiner dans les ourlets de ta mémoire
Ma poitrine tendue, en lettres de henné.
Tu voulais pour me plaire traverser les djebels de ma vie,
Je veux pour te garder, plonger mes arabesques
Dans tes insomnies.
Caftan* : tenue traditionnelle orientale.
Rosita Djouzi
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