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Souvenirs d'une soirée poétique

le vendredi 28 octobre 2016, à 22:41. Posté par René


    "On n'écrit pas parce qu'on a un trop plein mais parce qu'on a un vide en soi"
    Marc BARON


    A N.L.C.

    Vous garderez -garderez-vous ?
    le souvenir d'un mec en r'tard-
    un soir.
    C'est pour la rime
    qui frime,
    trime,
    lime,
    mime
    etc etc,
    un mec qui troubla l'assistance
    endormie,
    (ou du moins assoupie)
    appliquée,
    rêveuse,
    de qualité,
    curieuse
    (de voir qui arrivait)
    agacée,
    contrariée,
    ennuyée
    (par moi bien sûr)
    etc etc. Sans doute était-elle un peu tout çà.
    Une assistance que pour tout dire je dérangeais
    Visiblement elle ne m'attendait pas
    et j'avais la très nette impression
    qu'elle se serait bien passée de moi.
    Quel était donc cet hurluberlu
    en survet ?
    (Je sortais de l'entraînement).
    Un sportif ne peut être poète
    L'assistance c'est sûr me condamnait déjà.
    Une vieille dame me sourit pourtant.
    Peut-être que je lui rappelais
    .son fils.. ou un lointain amant.
    J'ai regardé autour de moi
    les êtres et les choses.

    Des premiers je n'en dirai rien.
    Je ne m'en souviens pas.
    A part la vielle dame évidemment.
    Je suis allé m'asseoir près d'elle
    en demandant bien poliment pardon
    à tous ceux que je dérangeais.
    Elle me remercia d'un sourire
    et me dit tout bas quelque chose
    que je ne compris pas.
    Mais je n'osais pas lui demander de répéter.
    Son regard parlait pour elle.
    Je respectais ses cheveux blancs
    Et pour une personne au moins je n'étais pas indésirable.

    Il pleuvotait . Dehors bien sûr.
    Non ce n'était pas Radio-Nostalgie.
    Mais ce n'était pas non plus une ambiance de folle gaîté.
    Bourgeoises maniérées et vieux messieurs très bien
    s'épanchaient, connaisseurs, sur un ami poète.
    "Mais très comme il faut vous savez,
    sa classe rejaillit sur ses vers impeccables".
    Moi? je le connaissais sans être émerveillé
    Mais je me suis bien donné garde de les contredire.
    Pourtant la forme ne suffit pas quand l'inspiration manque.

    Des gens présents donc je ne dirai rien.

    Quand aux choses !.
    J'appelle ainsi les meubles.
    Des meubles je ne dirai rien.
    Ils ne devaient pas penser beaucoup,
    réduits qu'ils étaient à leur plus simple expression,
    celle qui précède la destruction,
    quand la conscience s'est obscurcie,
    que la chose n'a plus sa raison d'être
    et surtout pas la beauté.

    Et puis Cadou l'a dit bien mieux que je ne le saurais
    la vie qui se maintient au coeur des meubles.
    Mais il est vrai que c'était dans sa demeure de poète
    et leur pouvoir, dans cette pièce sans âme,
    était à l'évidence sans effet..

    Les meubles n'en parlons pas

    Mais il fut alors question d'exprimer
    ce que chacun de nous ressentait
    en contemplant une feuille morte
    collée sur du papier.
    Feuille sur feuille; vous voyez d'ici
    ce qu'elles pouvaient échanger,
    qu'ensemble elles pouvaient nous.dire.

    J'avoue très immodestement
    que je fus le seul à penser
    à la feuille de papier.
    Et pourtant c'est évident,
    le papier doit beaucoup à l'arbre
    et à ses milliers d'autres feuilles,
    apportant oxygène et vie
    à l'arbre qui deviendra
    meuble ou feuille.. de papier.

    Les feuilles donc m'interpellaient.
    Et j'ai écrit mon point de vue,
    mon impression, mon ressenti,
    tout ce qui se passait en moi.
    Qu'ai-je dit exactement?
    je ne sais plus, je ne sais pas.
    De tout çà je n'ai rien gardé.
    Ou alors plutôt l'impression
    que le niveau d'ensemble
    des poètes présents
    était très loin, c'est sûr, de celui de Cadou.
    La poésie souvent n'est qu'une belle étrangère
    et beaucoup de poètes ne le sont que de nom.

    De cette soirée pourtant
    ce soir je me remémore
    avoir entendu Marc Baron,
    qui, de son estrade, intervenait.
    Car lui c'est un.tout bon.
    C'est grâce à lui que j'ai gardé
    le souvenir bleu d'un passage
    silencieux à l'heure de nuit.
    Et d'un sommeil référence
    qui tira le meilleur de moi.
    Ainsi quand le rêve s'enfièvre
    de ces désirs inavoués
    qui montent tout au fond de nous
    et qui commandent notre histoire.,
    il arrive parfois
    que naissent des poèmes
    d'un souvenir ému
    par un bout de papier
    où mourut une feuille.

    Cette émotion nous vient peut-être
    de ce qu'on se rappelle
    les arbres pleurant sous la pluie
    et des meubles qui se souviennent
    avoir été arbre jadis
    dans les barrages des mémoires
    qu'une feuille morte interpelle..












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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
Philip (JARDIN DE LUNE) le samedi 29 octobre 2016, à 18:34
Cher René. J'ai pris plaisir à lire ton poème, ou l'humour côtoie des choses plus graves.
Un écrit qui semble, en forme de paradoxe, tant écrit dans l'urgence que réfléchi (tu nous annonce d'ailleurs une suite).
Une anecdote que tu comprends, qui te touche puisque tu en fait sans doute partie.
Oui, pour la partie "urgence d'écrire", je fais le lien avec la citation de Baron que tu as faite.
Le vide en soi ? Oh, je peux te comprendre. Un vide souvent....rempli de tant de choses, de tant de pensées. Et même parfois, de tant d'insaisissables rêves. Et quand le coeur ou l'âme ou nos mains n'étreignent de l'inutile (au yeux du sens que l'on s'est fabriqué pour notre vie) alors c'est le vide inutile que l'on porte un temps en soi.
De ce fait, en appréhendant cette vision des choses, ton poème est très émouvant. Merci, mon cher René. Avec toute ma fidèle amitié poétique. Philip
(www.mespoemes.net/philipchevalier)

rivaudais le mardi 01 novembre 2016, à 02:23
Cher Philip, je n'avais pas terminé mon histoire (Je n'ose employer le mot poème, c'est juste un souvenir. Dont je ne suis pas sûr qu'il puisse intéresser quelqu'un , n'en déplaise à ton indulgence.Toujours est-il que je l'ai finie ce soir

Philip (JARDIN DE LUNE) le samedi 05 novembre 2016, à 08:47
Ah, je suis repassé, pensant que tu avais terminé ou modifié ton histoire. Je repasserai ou guetterai sur la liste des poèmes. Amitié et à bientôt, René. Philip

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