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Ce ne sont, au début, que quelques simples rides
Que griffonne le temps au crayon d'un destin,
Une intime blessure au primitif instinct
Qui disperse son fiel sur des terres arides.
Un rêve qui s'éteint, écrasé de regrets,
Dans ce souffle perdu du lit des habitudes,
Alors qu'hier encore, autant de certitudes,
Habitaient nos espoirs et signaient nos progrès.
Ce n'est rien de moins sûr qu'un horizon de brume
Où se croisent des jours bien plus flous qu'une nuit,
Une attente inutile où se vautre l'ennui
Pour effacer l'affront d'un désir qui s'exhume.
C'est l'implacable deuil d'un peu, d'un rien, d'un tout,
Qui nous marque à jamais, animal solitaire,
Oublieux d'un courage ou d'un discours à taire
Quand l'audace n'est plus notre meilleur atout.
Et nul ne peut blâmer la flamme qui se pâme,
Fragile et impuissante au reflet indigné,
Car à l'automne ingrat, dans ce corps résigné,
Se fanent, un à un, les pétales de l'âme.
30 Octobre 2016
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