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Dire à Marie des mots pour que ses nuits soient douces
Quand mon corps se languit d'être à l'écart du sien,
Fuir les bars enfumés où l'eau s'écoule en mousse,
Sonder la galaxie, croire aux cartomanciens ;
Affaler la grand'voile, un linceul pour mon ciel
Où s'en vont scintiller les feux superficiels ;
Noyer mon désespoir, m'aguerrir de ses pièges,
Le regarder flotter comme un bouchon de liège.
Dire à Marie l'amour sublimant mon cortège,
La rêver toute à moi en paradis promis,
Repousser tour à tour miroirs et sortilèges,
Lui souffler que mon coeur ne bat pas qu'en ami ;
Ressentir en son corps amour, désir, tendresse
Où viendront achopper toutes mes maladresses,
Pourchasser les démons dans les soirs taciturnes,
Maîtriser le galop des chevauchées nocturnes.
Dire à Marie : mon cœur n'est pas sang de pirate ;
S'il vient à s'embusquer quand baille l'avenir,
C'est pour mieux l'abriter de sa vue scélérate,
Pétrifier dans l'oubli ses mauvais souvenirs ;
Aussi la préserver des clinquants stratagèmes
Tant son orfèvrerie est un trésor que j'aime,
Féconder en ses yeux mes rêves interdits,
Perturber le destin, même s'il me maudit.
Lucilius
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