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Ce métier est ardu qui nous tisse des mots
Dont la trame se mêle à celle des étoiles,
Pour venir orpailler quelques sombres émaux
Ou des soleils couchants qui s'ennuient dans leurs toiles.
De cette manne blonde il ne faut abuser,
Pour ne point alourdir du clinquant de la fête
Un poème subtil qui, s'en allant muser,
S'échapperait, un soir, de l'esprit du poète.
Rétif, s'il se refuse aux règles de plier
Choisissant de partir plutôt que de soumettre
Sa musique et sa rime, il faut le supplier
Pour le convaincre, enfin, d'entrer en paramètre ;
Serrer ferme la bride au cou du vagabond,
Le ramener sans cesse à sa cause première
De crainte que, séduit, il s'échappe d'un bond,
Préférant l'orchidée à la rose trémière...
Mais s'il nous veut jeter sa poudre d'or aux yeux,
Dérobant leur éclat aux poussières des astres,
Ecartons sans regrets ses rayons radieux
Pour mieux nous préserver des rutilants désastres.
Mona
http://www.mespoemes.net/mona79
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