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Il va encore pleuvoir
Et le soleil rira de mes paupières
Alourdies de nuages noirs
Tombe une larme tombe un cri
Main tendue vers le ciel
Il va encore neiger
Et les spasmes du cercle jaune
Aveugleront le métronome des cils
Tombe le blanc tombe le néant
Nez privé des sourires chantés
Il va encore grêler
Et les rayons de mes doigts gelés
Se moqueront détournant leurs faisceaux
Tombe un silence tombe un tremblement
Lèvres palpitantes de pourquoi
Combien d’océans de détresse
Dans une perle d’âme
Creusant le sillon des futures amertumes ?
Combien de montagnes essoufflées
Dans l’oppression des poitrines ?
Combien de ravins exténués
Aux fissures des secondes à venir ?
Il ne pleuvra pas sur mes regrets
Pierre Brandao
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MARIN
Je ne suis qu'un marin perdu dans la tempête,
Soufflant à cœur blessé le pleur de ma trompette
Je suis le matelot qui s'enivre et se plie
Criant à travers flots le dégoût ramolli,
Dégoût à pâle écume où l'ombre se répète ...
Je voudrai contracter la poudre d'escampette,
L’orage est violeur du plaisir de la fête,
Je ne suis qu'un pauvre hère au hasard de folie,
Je ne suis qu'un marin ...
Il faudra bien qu'un jour je redresse la tête,
Fièrement capitaine à bord de ma corvette
La mer m'entourera de ses bras si jolis,
Je m'y noierai de grâce en buvant dans son lit,
Et n'oublierai jamais qu'avant d'être poète,
Je ne suis qu'un marin ...
Pierre BRANDAO
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