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Orphelinage.
….. »Plus Jamais », « Pas Encore », « Adieu », « Un Jour peut-être » environnent d'une pesante Absence, le Présent effectif et fuyant du Mouvement et de la Danse de nos Vies. Brèves Lampes Dans les Millions d'Années et brèves Flammes de Brindilles. L'Inexorable ferme toute Prière et L'Impossible nous attend, d'un Savoir ignorant et tragique. Murailles, Portes de Bronze, Falaises, Gouffres, Brume d'Inconnaissance et de Douleur. Opacité des Origines et des Fins, Orphelinage et Nous vivons l'Errance et la Pénombre de l'Entre-Deux.....
Enveloppées dans les Plis d'une Etoffe de Deuil et d'Attente, couturées de Mémoire fidèle et Infidèle et d'Imagination, soutenues de fragiles et tenaces Espérances dans le Leurre du Désir, D'Images obsédantes, cousues de Chair violente et vulnérable, nos Vies s'effondreront dans le Limon insondable des Siècles, dans l'Ossuaire du Temps et de la Terre où gisent toutes Idoles Révolues, toutes les Vanités. Corps orphelins, de Cendres et de Silence.....
L'Insignifiance, la Pesanteur des Jours, la Peine et le Besoin, la Stupeur d'être au Monde, dans un Monde de Présences insolites et grouillantes, l'Île absolue des Morts, la Peur et la Fièvre des Rêves, Nous les avons peuplées de Légendes et de Mythes pour conjurer l'Effroi, le Trop-Plein et le Vide. Et nous avons bâti, Jadis, nous bâtissons Encore, des Sanctuaires massifs pour endiguer les Flots du Monstrueux et les Typhons de la Déviance, le Chaos, la Ténèbre. Nous avons édifié, nous édifions En Hâte, des Forteresses psychiques, baroques, inachevées, contre l'Assaut perpétué des Puissances Nocturnes et de la Démesure qui sapent au plus Profond et de l'Intime même, tout Ordre et toute Fondation.....
Le Mal ne cesse et ne nous quitte pas, Créateur, Décréateur, ne saurait être contenu ni séparé, Fleur Délicieuse et vénéneuse poussant sur le Terreau de l'Être-même, Poison suave, mortel au Coeur du Fruit vermeil de la Vie, Emanation du Fond obscur, Violence natale de la Chair dépendante et Passible, la Chair contre la Chair dressée, les Corps contre les Corps rebelles et le Désir frustré des Nourritures admirables du Monde, Impatience, Amertume du Coeur, le Mal est ce Hiatus, cette Faille entre le Monde et le Désir du Monde, pourtant apparentés. Le Mal est cet Eloignement. Excès D'Inexplicable et de Mutisme dans le Manifesté, Assombrissement de l'Ouvert et du Libre, Noirceur De la Lumière et de la Vue.....
Coeurs de Pierre et de Ronces, nous nous heurtons les Uns les Autres et nous nous déchirons et Nous Nous recherchons, Mains de Pierre, Mains de Ronces, dans les Illusions de l'Amour, ce Mirage du Proche et du Semblable, Source aride et sableuse dont jamais nulle Soif ne fut, ne sera étanchée. Le Mal est ce Mal-Être, ces Bonheurs intermittents, minuscules, promis à d'éternels Naufrages, à d'éternelles Privations.....Le Mal est cet Orphelinage.....
Ô Verticalités anciennes ! Ô Transcendances perdues ! Passé désavoué, Croyances mises à nu, Paradis dévastés ! Nous marchons à l'aveugle, ivres et lourds de Liberté nouvelle, dans L'Hyperlabyrinthe de tous Biens désirables et consommables qui gratifient, qui allègent l'Effort ! Nous les Errants de toujours, les Horizontaux d'Aujourd'hui en mal d'Appuis, de Garde-Fous, Mal De Paternité et Mal de Filiation, Pères et Mères trahis, Enfants abandonnés en Mal des Héritages et Des Générations ! Ô nouveaux Orphelins !.....
Cécité, Pied boiteux et Danse claudicante, elles prolifèrent les Afflictions pour tous ceux qui sont Nés, étrange Enlacement charnel de Vie avec la Mort, l'Abandon est leur Lot, leur Promesse et Leur Sort, l'Initiation aux Mystères de la Chair et du Parler, Descente à la Caverne obscure du Jouir Et du Pâtir, l'Oracle ultime d'Orphelinage, Ecriture difficile du Non mêlé au Oui sous tous Vocables, Ils assistent tremblants et égarés, à l'Etreinte secrète, originelle, de la Magnificence avec le Corruptible !.....
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