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Au clair de l'hiver
Quand le cri de la nuit s'étouffe de l'aurore,
Suspendu à l'instant qui doucement l'étreint,
Dans la blanche froideur, il reste là empreint,
De cette brume étrange où le jour vient éclore.
Et rien ne peut troubler, le silence prenant,
Qui glisse hors du temps, un mystérieux message,
Une musique interne ou l'écho de passage,
De ce qui vibre en nous et nous rend plus puissant.
La vie, comme en sursis, en ce moment de grâce,
Eveille en chaque souffle un primitif frisson
Qui voit naître le vrai, plus loin que la raison,
Et pose sur chaque ombre une emprise tenace.
La dentelle de givre accroche avec candeur,
A l'horizon feutré, mon cœur qui va épandre,
Ses souvenirs blessés, ses soupirs à revendre,
Et les bras de l'hiver les cueillent sans pudeur.
Alors, tout simplement, sans nulle peur ni doute,
Fredonné par la terre, étourdie mais rêvant,
J'entends le chant du beau, le murmure du vent,
Ignorant que, là-bas, une muse l'écoute.
4 Décembre 2016
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