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Entre les vagues hautes et puis les vagues basses
Un peu plus pâles,
Au bleu pali, talés de gris,
Ces yeux étal,
Vallées ourlées, courbées de nuit.
Un peu plus voile,
Aux pâles flammes de l'oubli,
Opale femme à l’endormi.
Un peu froissées,
Ces paupières grises d’anciennes pluies,
Rideaux tissés de soie jaunie, de soi bleui,
Un peu plissés
Sur deux prunelles, encore serties
De rides d’eau givrées de vie.
Que pense t-il ce regard miel ?
Que panse t-il, fouillant le ciel
De son immense
Tout en silence ?
Rêve t-il encore, mouillé de sel,
Trempé de neige et de nuages,
Au temps d’avec, au temps d’avant,
Où se mêlait, un peu sauvage,
L’éclat d’aimer à chaque instant ?
Un peu plus frêle,
La femme belle,
Aux cils lents, aux longs silences, aux longues nuits,
Evanouie, aux blonds sillons des ans blanchis.
Que cherche t-elle
Dans son ailleurs, entre deux îles,
Presque immobile,
Au suspendu, des lieux, des cieux sans vent ?
Comme éperdus, les yeux troublants,
Tremblent, brillants,
Semblant brûler à l’océan tous ses secrets,
Entrelacés,
Entre les vagues hautes et puis les vagues basses,
Des rives bleues, des rêves creux, des rides éparses
Des rires vrais.
Au pâle hiver,
Si belle pourtant,
La femme opale,
S’écoule, douce, entre les filets d’eau glacés
Des coulisses du temps.
Elle dit sans mots, dans la nuance de ses bleutés,
Elle dit toujours :
L’absence aux reflets lourds
L’offense flétrie des jours
L’enfance et puis l’amour.
Un courant d’air,
Aux « bleus » des yeux,
Un peu « pluvieux »,
S’immisce, lisse, dans la corbeille de solitude.
Au flot des yeux,
S’éveille alors, en certitude,
Le regard clair,
A moitié eau, à moitié air,
Qui dit sans mot, qui dit la terre, qui vit la mer,
Où luit diaphane,
L’opale femme,
Lueur de l’âme.
Marie L.T
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