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Le temps des grandes marées (Patrick)

le vendredi 16 décembre 2016, à 15:03. Posté par COLLECTIF (auteur : Patrick)


il est loin déjà, le temps de mes grandes marées 
Où sur le sable fin , nous cherchions des galets 
Quand le soir, près du bivouac, le ressac s'entendait 
Nous étions si jeunes, bien loin des futures anxiètés. 

Depuis ces temps jadis, tant d'heures se sont éffondrées 
Et les falaises de Douvres, un peu plus se sont éloignées. 
J'entends encore le bruit du vieux caboteur d'Anselme 
S'éloignant du quai, franchissant les passes au petit matin blème. 

Plus de bruit de criéée et de cohue des retours de pêche 
Les femmes ne vont plus, place d'armes y rencontrer les matelots 
De ces temps mémoriaux,même la place du marché a été rebaptisée. 
Non on ne vit pas avec le passé , on me l'a trop de fois rabâché. 

Le vieux sémaphore aux peintures décrépies ne brille plus la nuit 
Il était si beau en pleine lune ou embrumé les soirs de crépuscule. 
Même la maison des pêcheurs, grouillante de vie ne pousse plus un cri 
Le bistrot de la Suzette, et ses soirs de guinguette, lui non plus n'est plus. 

Il se fait si loin ces soirs de grande marée 
Où l'on courait dans des flaques de mer y trouver des moules 
Les bouchots ne sont plus,délocalisés chez les Hollandais 
L'ironie du sort, chez les Batave, eux qui n'en mangent jamais 

Que nous reste t-il en bordure de nos plages ensablées 
Que des résidences dites secondaires sans humanité 
Des commerces saisonniers, de souvenirs et de petits jouets 
Des restaurant fruits de mer ,où l'on sert du poisson congelé 

Et oui, j'allais oublier,on y trouve maintenand les rejets du monde 
Des hommes ou des femmes d'Afrique ou d'Asie tout pétris d'humilité
Plein de leur souffrance qui se lit sur les rides de leur figure 
Mais ces gens nous apprennent qu'ils gardent la souffrance pour eux 

Prisonniers des barrières de la misère, la pire des prisons 
Plusieurs fois que je vous parle d'eux ,ils en valent la peine 
L'humanitaire se fait, ne pas fermer les yeux,si ça les aide un peu 
Car ils attendent eux sans cesse la bonne marée 
Qui les conduira en terre de liberté ,chez nos voisins Anglais 

Depuis le premier jour du premier mois où je les ai vu 
J'ai réalisé ce qu'était que l'éxode des masses 
Et le temps n'arrange rien,lis sont toujours aussi nombreux 
Fuyant le soleil de la misère pour les crachins de la LIBERTE 
Sans cesse et sans cesse au rythme des marées. 
Ressac après ressac vers les voisins Anglais 


Patrick 
http://www.mespoemes.net/rimailleur 







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