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 L’hiver est l’unique saison,
Le gel durci la glèbe.
Mon âme tombe en déraison…
Je ne puis oublier l’été
Où sur l’étang le grèbe
À son nid est tout affairé.
Mon rire, lui, au froid se fige,
En leur écrin, mes yeux
Par l’austère éther se corrigent…
Or printemps valide prairies,
Dans l’absolu des cieux,
Si mes mains comblent poésie…
Tous mes mots renaissent en ma voix,
Avant qu’automne érafle
Mon timbre dans l’or des bois.
Ma mémoire s’affaire en ces lieux,
Pour ne taire la rafle
De l’air froid régnant sous les cieux.
Le temps doit quant à lui sourire,
En silence vieillir,
Dos courbé devant le délire,
De ce froid, pressant la troisième
De lâcher prise, à fuir
Reculant devant quatrième !
Je me meure en ce temps glacial,
Se contractent mes forces,
Vieillesse joue un madrigal,
Elle tait la vie de ces jours,
Où la vigueur est force,
Point d’alarme, une forte tour !
Mais la mort n’est pas défaillante,
À mon huis je l’entends
En danse feutrée, envoûtante…
Honnête, frappant à ma porte,
Elle glisse, se rend,
Jusqu’à moi et elle m’apporte,
Le mandat, qu’ignorer je ne puis,
Je n’ai pouvoir d’absence,
Elle acte respect, je ne fuis…
Le déclin est bien là devant,
En face de sa science,
Tout mon cœur le lui exposant.
Elle rompt le fil si prospère,
Celui d’argent niellé…
Où j’avais mis tant de repaires,
Afin de n’être sans lecture,
De cet acte signé
Et qu’enfin j’en fasse clôture !
plumedefou
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