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La nuit étend sur l’Epire sa robe profonde,
Etole étoilée nimbant le sommeil des hommes
D’un présage obscur sous l’ombrageux hospice des dômes ;
Seul Oreste résiste à la pénombre féconde.
Il repose sur une pierre moussue, pâle et songeur,
Ses yeux sont deux océans furieux chahutés
Par les marées dantesques de ses rêves avortés
Dont les cieux obstinés consumèrent la gageure.
Déjà la raison s’échappe de ce corps maudit
Que des larmes amères ne finissent de vider
De la vie, de la passion, d’envie évidée,
Et l’espoir n’étant plus là, son âme s’étourdie...
Ô Hermione, ne savais-tu que ton sacrifice
Ne serait que l’édifice de la ruine d’une vie ?
Que ton sang versé comblerait la mort ravie
D’étendre son empire sur Athènes et son fils ?
Désormais le chaos règne sur cette épave
Que les génies de l’oubli traquent vicieusement
Afin d’y fondre le cri sourd du dément
Et d’ouvrir à la folie ses charmes les plus suaves...
Quichotte
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