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Ballade verte
J’ai séparé la nuit du jour
Placé la mort en bout de vie
Posé la Lune en mes faubourgs
Crevé les outres de la pluie
Mis les chevaux sur les prairies
Planté le jardin des délices
Mais ne sèmerai d’autres fruits
Qu’après le temps qu’hommes périssent.
Parée d’hermine et de velours
Dans ma jeunesse épanouie
J’ai connu les douces amours
Dans les jardins de l’infini
Dieu m’a offert son paradis
Pour un seul regard sur ma cuisse
Mais ne donnerai plus envie
Qu’après le temps qu’hommes périssent.
Me voici dans un cul de four
A me noyer dans des sanies
Tout vomit tout crache à l’entour
Il n’est plus alarme ou vigie
Qui ne proclame les délits
Qui ne conseille un armistice
Devant mon masque d’agonie
Juste ce temps qu’hommes périssent.
Pour vos enfants et pour la vie
Princes, réduisez l’immondice
Car je n’œuvrerai plus ici
Qu’après le temps qu’hommes périssent.
SMR
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