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Sœur de Larmes
Une larme de sang s’épanche quand tu penches
Ta chevelure brune, au-dessus du miroir …
Au tain des souvenirs, des soirs et des espoirs,
Qu’y vois-tu, sœur de larmes ? L’amour entre quat’ planches ?
Larmes qui s’épousent au fil des mots perdus
D’âmes qui se décousent et de fil blanc cousues,
A quoi servez-vous donc, qu’à éteindre nos yeux,
Braves soldats du feu qui a rougi nos cieux ?
Echangeons nos deux cœurs et emmêlons nos peines,
Tressons de ces douleurs une écharpe de l’haine,
Faisons de ces malheurs une gerbe d’aubaines
Que nous noierons ensemble à l’eau glauque de Seine …
Toi, ma sœur de larmes qu’on entendait chanter,
Quand l’oiseau t’apportait le souffle de ses vers,
Je te prête mes mots pour rêver à l’été
D’amours qui ont péri des neiges de l’hiver.
Mai 2005
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