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Déchéance de circonstance…

le dimanche 22 janvier 2017, à 04:41. Posté par plumedefou


    Le père quitta la maison,
    Sous les drapeaux l’appel oblige,
    Les cloches sonnèrent son incorporation,
    Il partit droit devant, comme tout homme *lige !
    Sa femme dit : "Amour, à Dieu !"
    Il retourna en sa poussière…
    Il ne revint jamais, au sol tourna ses yeux,
    Sa Belle ne devint jamais rosière !
    Dès dix-sept ans, elle partit,
    Et ne revint, laissant sa mère…
    Elle était bien jolie, mais délogea du nid,
    Puis plus de message, se montrant bien légère !
    Rose blanche d’un beau jardin,
    Sa fille fut bien dépaysée,
    On ne la revit plus au courtil le matin…
    La mère eue cheveux gris et peau vite ridée.
    Et maintenant son fils s’en va,
    Abandonnant logis de mère.
    Pour pareil que père mourir en durs combats,
    Achevant du tableau une sombre misère !
    Était-ce utile à activer
    Repos du sol et génitrice,
    Vers une destinée funeste et ne point raviver,
    La flamme du foyer, pour mettre en tout supplice ?
    Tout pâturage et tous les champs,
    Furent envahi et en rupture…
    Les genêts et l’ortie établirent leur camp,
    Ainsi que les mûriers qui se mirent en pâture !
    Donc vivre ici n’était aisé,
    Mais d’ajouter à la *géhenne,
    Tous les autres enfants, eux, sans être gêné,
    Pour Paris, ils partirent, en ingrat, mais sans haine…
    Belle maison, en vie jadis,
    Aux souffles fous est entrouverte,
    L’ombre de Faucheuse s’étend dans les taillis,
    Toiture croulante, de mousse est recouverte…
    Qui osera lui reprocher,
    Sur sa table cette eau de vie ?
    Bouteille renversée, elle sur le plancher,
    Ivre de ces fléaux, saoule en défaut de vie !
    Toute seule, le cœur glacé,
    Demain sera trouvée morte,
    Puis cachée en fosse, sans louange gravée…
    Ainsi finit l’histoire et se ferme la porte !

    plumedefou


    *"Un homme lige" : personne totalement dévoué à un groupe
    *Géhenne : décharge publique en dehors des murs de Jérusalem,
    où l’on jetait les corps des suppliciés morts pour les brûler !




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