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J'AI PLEURE NOTRE VIE AU MENSONGE DU REVE
MUSIQUE ICI :
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J’ai rêvé notre vie de l’aurore au couchant,
Tes matins et mes soirs, et le jour de nos nuits
Eclairé par l’éclat de tes cheveux versant
Leur cascade d’ébène en caresse bénie.
J’avais imaginé … Approche ton oreille …
J’avais imaginé des couchers de soleil
Au soir d’une Fetz-noz, sur la cote armorique,
Deux cœurs au bord du temps chevauchant l’arc-en-ciel ;
Lors, tes lèvres d’espoir et tes ongles vermeils,
Dans ce rêve insensé, rougissaient mon sommeil.
J’avais imaginé des concerts et voyages
En l’émoi partagé de mille paysages,
L’entrelacs de nos mains dans des pays sauvages,
Et des repas de nuit aux berges atlantiques …
Et nos regards voguaient de nous-mêmes au grand large ;
Nous vivions de nos mots griffonnés dans les marges ;
A nous deux nous avions tout le monde en partage.
Ton cœur auprès du mien aurait nié notre âge.
Viens plus près encore ; écoute mon message …
J’avais imaginé Vénus et ses atours
J’étais un chevalier, ma Reine dans sa tour,
Au pied de son donjon une rose veillait ;
Chaque soir je montais ton plaisir en degrés
A la lueur de torches au désir embrasées.
J’avais imaginé nos émotions devant
Le supplice de l’arbre qui penche sous le vent ;
Ta main prenait ma main : « Que ce nuage est beau,
Qui happe ces oiseaux qui écrivent sur l’eau ! »
Le soleil prolongeait l’ombre de nos tendresses
Jusqu’au tronc d’un sapin de la forêt voisine ;
Un pic-vert essayait de découdre la cime
De ma bouche collée à tes lèvres d’ivresse.
Ô douceur de ta peau, parfum de tes cheveux,
Que tous les vents de Dieu portent en ma mémoire …
Mon pauvre et doux amour, j’avais imaginé
La fusion de nos cœurs, l’infusion de nos âmes,
L’intrusion de nos corps et plumes enlacées,
Ecrivant dans le marbre « un jour nous nous aimâmes ».
Et la pierre vivait par ces mots lapidaires
Dont l’écho brûlerait jusqu’aux ères glaciaires.
J’imaginais encore une fée dans la neige,
Je réchauffais tes mains contre ma peau de feu,
Les flocons canadiens accompagnaient nos jeux
Et des elfes dansants, du lac faisaient siège.
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Je n’imagine plus, nos rêves ont vécu.
Car le rideau retombe et ce n’est plus un rêve !
En foule vers la tombe coulent les souvenirs,
Une étoile de mer expire sur la grève ;
Au reflux de l’amour, tu choisis de partir.
Mon cœur était un cygne, et il vient de chanter
A ton cœur, qui me signe un billet de retour
Du voyage enchanté de songes mensongers.
Au cristal de ce monde désormais brisé
Meurt la note claire d’un éternel amour.
***
Mai 2005
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