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J'aimerais tant revoir ce verger enchanté
Tous ces fruits mûrs, et lourds à porter à ma bouche
L'herbe jaune qui danse au pied des espaliers
Solides et confiants, comme les sentiments
Qui me rappellent là combien on s'est aimé
Qu'il était doux et fort le printemps de tes yeux
Le soyeux de ta joue engourdie au matin
Et ce filet de mots qui coulait de ta bouche,
Et roulait en riant sur les rochers moussus
Des souvenirs si gais de nos enfants curieux,
Vainqueurs et conquérants d'une vie à écrire.
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