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Je voudrais rendre hommage au poète divin
Au jour où le destin couronna d'or, sa tête
Ainsi mon chant ne peut égaler son refrain
Je m'abandonne au rêve en lisant sa requête
Mon cœur est pénétré par ses aveux touchants
Comme sa source est pure en son âme fragile
Où se répand la grâce ombreuse du printemps
Que j'aime son jardin au feuillage tranquille
Depuis mes jeunes ans, j'admire les joyaux
Le froissement léger que le génie élève
Au Panthéon des vers, aux Olympes royaux
Sur son vélin en fleurs l'encre sacrée est sève
D'une main délicate il inonde les yeux
D'un tendre soir d'avril, d'or et de pierreries
Il verse dans les cœurs l'art idéal des cieux
Heureux qui cueillera ses épitres fleuries
A travers les écueils sans jamais défaillir
Sans canon, sans fusil, pour arme une humble plume
Bravant les aquilons, le courant de Saint-Cyr
Son cœur grand et loyal sait pourfendre la brume
Quand il est amoureux, dans son regard aimé
J'y vois des larmes d'or, je bénis ce poète
Qui berce les fronts purs de parfum enivré
Et vit son existence en merveilleux prophète
J'ai bus de l'ambroisie en attendant le soir
Le jour où son ruisseau caressa mon oreille
En ses vallons boisés j'apprenais son pouvoir
Au milieu de ses champs, je devenais abeille
Ainsi depuis sept ans un prince au doux quatrains
Voltige dans mon cœur enfièvre ma pensée
Il a tissé des fleurs, de l'or en mes jardins
Il a su conquérir ma tendresse étoilée
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