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Je suis la larme sur les joues
De ceux qui souffrent et gémissent.
Je suis le triomphe un peu fou
Le trophée qu'on dédie à l'actrice.
Je suis la fleur qu'on piétine
Sans y prendre garde
Celle que personne ne regarde
Je suis la putain libertine
Que l'on culbute pour le plaisir
Tandis que sonnent les matines
Pour consumer le feu du désir.
Je suis l'oiseau tombé du nid
La plume du poète éperdu
Dont la muse s'est enfuie.
Je suis sans collier, chien perdu.
Je suis la lame qu'on aiguise
Quand la haine se fait insolence
Qu'on a perdu la maîtrise
Et qu'on cède à la violence.
Je suis ce cri lancé trop tôt
Dont la montagne refuse l'écho.
Je suis le sang de la plaie
L'infâme cicatrice pourtant invisible
Dont mon c½ur s'est fait la cible
Puisque le beau devient laid
Je suis feuille au gré du vent
Souvenir des années qui passent
Le fugitif acculé dans l'impasse
Et l'esclave inutile qu'on revend
Je suis malaise
Je suis moiteur
Sueur froid et peur
Je suis glaise
Aux mains d'un potier fou
Qui fait de ma vie un rendez-vous
Sans cesse repoussé
Finalement oublié.
Je suis moi
Il était une fois.
Patchouly
http://www.mespoemes.net/patchouly
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