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Demain je me nourrirai encore une fois
Du temps, de ce qu’il veut bien me donner,
De ce mystère qu’est la vie, ce rayon de joie
Naissant aux aurores de son éternité.
J’écouterai la montagnes, son souffle lent,
Cette histoire venue du fond des âges,
Ce doux langage, celui d’un printemps,
Et je la verrai doucement tourner les pages.
Je regarderai la fleur lentement éclore,
Que caressent les ombres par le vent inspirées,
Celle qui au sud jamais ne s’endort
Celle pour qui mon cœur ne veut s’arrêter.
J’irai voir la mer, le vent lui parler,
Et comme dans ces rêves où tout renaît,
De son écume tant de fois chahutée,
J’aurai ce nouveau regard sans regret.
Demain sans fardeau et le cœur sage,
Attachant mes nuit funestes
A ces vaisseaux sombres que sont les nuages,
Je t’aimerai encore de doux gestes,
Bâtissant de mes insomnies, sur ton corps,
Ce chant de vie mêlé à l’ivresse,
Ranimant l’éphémère, puisque tout s’endort,
Au souffle de tes lèvres que l’ennui délaisse.
Je m’évaderai de l’imposture, de mes songes,
De ce pays ou trébuche ma mémoire,
Ces longs corridors ou l’âme se ronge,
Où de la vie, elle vient se décevoir.
Demain dans l’éclat du jour, encore fébrile,
Je verrai la vie luisante comme mille étoiles,
Comme dans ces paradis ou l’âme trouve asile,
Où l’ange souriant peint sa toile,
Ni extase, ni plainte, juste cette envie de vivre,
Ignorant ces ciels endoloris et encombrés,
Ne pas refermer ce grand livre,
Et vivre tout simplement d’aimer.
Agrippa
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