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Ils firent connaissance sur la ligne 31. Lui, mince comme un fil, était conducteur. Elle, qui était bien en chair, occupait un poste de standardiste aux Télécom.
"Allo, allo. Ne coupez pas". Cà tombait bien; lui, le pêcheur à la ligne, aimait les grosses prises et en toutes circonstances tenait bon la ligne.
Cela les rapprocha sans doute. Mais plus encore leurs places respectives dans les transports en commun, lui au volant, elle tout prêt de lui. Ils rêvèrent d'un commun accord à d'autres transports. Pris en commun. Ils en rêvèrent tant qu'ils se marièrent, elle n'étant pas du genre à se laisser faire avant d'avoir la bague au doigt. Même près du moulin à eau où ils allaient pêcher. Bien entendu, pour la cérémonie ils se mirent sur leur 31.
De leurs transports en commun, pourtant privés, personnalisés et légitimés, naquirent un garçon, grand et mince, type standard des jeunes d'aujourd'hui, et une fille charmante qui, toute sa vie, sut garder la ligne. Tous deux eurent d'ailleurs comme leurs parents une conduite exemplaire.
Les parents, quant à eux, coulèrent des jours heureux, sachant parfaitement tenir les fils de leur existence. Certains penseront peut-être que logiquement leurs projets auraient dû tomber à l'eau. Puisque rien jamais ne se passe comme on l'a imaginé. .Surtout avec une conduite aussi stricte, des rêves calculés et des projets quasiment numérotés. Cela aurait pu, aurait dû peut-être, mais cela ne fut pas. Et leur vie fut toute simple, sans accidents majeurs, sans prises de tête importantes ni sans coups tordus qui auraient pu tout casser. Je crois avoir la réponse : "Voyez-vous, le bonheur , c'est simple comme un coup de fil"
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