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Une sombre Lumière..
…..Une sombre Lumière luit en Désespérance, en Pays d'Insomnie, en Terre gaste, Contrée de Tous Egarements, de toute Lassitude. Hommes de Paille et de Rocaille, dressés énigmatiquement dans l'Insolite, sur des Routes mauvaises et sous des Ciels mauvais, Tête penchée, Fronts de Douleur avec les Yeux ensommeillés de Songes et de Questions. Ils vont et viennent sous la Férule de la Nécessité, sous la Loi de la Chair, le Battement sans Fond entre Surgir et Disparaître et le Réel les Tient dans ce Clignotement étrange, étranges Etrangers, Savoir nescient d'Eux-mêmes, ils rêvent D'Innocence et de Divinité......
Et ils s'enfuient infiniment, comme Toi, tour à tour exaltés, affligés, le Visage indéfinissable et le Cerveau hanté de Prophéties, de Négation, différant d'Eux-mêmes d'instant en instant, sous des Soleils tristes, une sombre Lumière, guettant des Souffles d'Avenir, des Transcendances absolues, et Ils s'enfuient infiniment sous les Poussées aveugles du Corps fantasmatique, enveloppés dans les Limites et les plis de la Chair passible, infranchissable. Et Rien ne vient aux Apatrides que nous Sommes qui soit Transmutation d'Essence ou Parousie si ce n'est Promesses non tenues, Visions Fiévreuses d'Exaltés.....
Et comme Toi, comme Chacun, ils s'éloignent infiniment, portant le Poids de l'Être et le Manque et La Honte, l'Imprédicable des Origines et de leurs Fins. Surgis de l'Abyssal et du Buissonnement Hasardeux des Espèces, ils charrient avec eux la Crypte de leur Intimité, les Ronces de Paroles et De Rêves qui ne s'accomplissent pas. Terrés dans le Dedans étrange, au Labyrinthe de leur Soi, Débusqués par l'Attrait du Dehors, en incessant Ecart, ils s'éloignent infiniment, sans Arché ni Télos,, contaminés, pathologiques et boiteux, vers le Tout à Fait Obscur, vers le Silence de l'Indéterminé et Rien pour eux, ni Ici ni Là-Bas, jamais ne sera Pur.....
Une sombre Lumière pourtant les berce et les protège du Feu solaire insoutenable, les Mortels en Quête d'Amour, de Sens et de Consolation, en Quête d'Inaltérable. Rites et Monuments scandent Leur éternel Passage d'Epoques en Epoques, ils configurent leur Sort et leur Aspiration dans la Forme des Pierres, le Marbre et l'Ecriture et transfigurent ce qui est imparti, en Monde et en Beauté, ils signifient leur Espace et leur Temps, l'Entrouverture à l'Infini et la Fermeture de la Terre en étrange Duel, sur les Routes fourchues de leur Eloignement. Adoration, Révolte, s'échangent et se partagent, Amour et Haine s'entrelacent dans les Paroles et les Chants, le Rite obscur de l'Homme et de la Femme, Ô Danses orgiaques, Secrets d'Enfance et de Forêts originaires qui jamais ne seront révélés ! Beauté apollinienne, Hideur des Morts, sombre Lumière !
Les Yeux ensommeillés de Songes et de Questions, nous épuisons nos Veilles et nos Nuits à nous Comprendre nous-mêmes, Autrui, le Monde, la Provenance et l'Existence des Mystères, entre Nature et Machines, entre Paraître et Retrait, entre le Vivant et l'Inerte dont nous venons, qui nous attend, nous nous étonnerons encore jusqu'à l'Ecoeurement, jusqu'au Vertige, de l'Âge et du Vieillir,de la Splendeur des Corps puis de la Chair défaite, tu seras tour à tour, Narcisse, Icare et Prométhée, la Nymphe Echo dont les Appels résonnent et s'amuïssent aux Parois des Rochers, dans l'Ombre des Forêts, Poème disloqué de tant d'Amour, de tant de Vérité et tu seras enfin le Gisant solitaire figé dans son Silence et la Pierre du Tombeau, gravée de Signes nostalgiques, d'Ecritures à demi effacées : A...M... comme au creux de la Main : » Et Moi aussi.....j'aurai vécu....., en Pays d'Insomnie,.....et en Egarement.....Caro data Vermibus.....Un Crâne en la Prairie.....A ...V....Une sombre Lumière..... »......
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