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S’enfuit notre jeunesse en ses jeux gracieux.
Sous nos cils délicats, abîmés au naufrage,
Tout ce bleu délavé par les flux de l’orage
Faiblit dans l’œil chagrin d’un ciel silencieux.
Palpitez, cœurs ardents, vibrez, malicieux,
Où s’épousent nos chairs, la caresse en partage.
Brûlant au creux du ventre, une faim, avec rage,
S’éteint parmi des fleurs aux parfums précieux.
Agonise à l'aurore un ultime supplice,
Sur nos lèvres, il peint un sourire complice
Et le voile innocent d’une rose fraîcheur.
Immolant la jouvence, au mépris du grand blâme,
Se ferment las, flétris, vos yeux dans la blancheur,
Qui offre le repos à l’âme de votre âme.
Cécile Verhaever
www.cypris.fr/ecriture/artistes_preferes/cecile_verhaever.htm
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