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Ce n'est pas une abréviation
De Saint-Michel et de l'archange
Ce n'est pas une production
De Disney avec Mickey l'ange
C'est tout simplement le surnom
D'un grand artiste Florentin
Maître Buonarroti-Simon
Son patronyme en Italien
Vers la fin du siècle quinzième
Michel-Ange perd sa maman
Laissant un cornélien problème
Au papa et ses cinq enfants
Je fais une pause technique
Avant de vous parler du veuf
Mes vers sont octosyllabiques
Et risquant de passer à neuf
Je ne dirai plus "Michel-Ange"
Encor moins "Michelangelo"
J'écrirai "Miquel", ça m'arrange
Mais revenons à nos agneaux
Miquel, qui a six ans à peine
Chez un ami tailleur de pierres
Est placé pour quelques semaines
Mais l'enfant veut faire carrière
Bientôt il revient chez son père
Pour une école repartir
Mais le père, à l'art, réfractaire
Lui demande de réfléchir
Car c'est dans la magistrature
Que son père veut le placer
Mais Miquel c'est vers la peinture
Que son avenir est tracé
Apprenti chez Ghirlandaio
Il étudie vitraux et fresques
Il est si habile au pinceau
Que des jaloux l'agressent presque
Impressionné par ses esquisses
Ghirlandaio le recommande
Au grand Laurent de Médicis
Qui sitôt lui passe commande
Le logeant même en sa maison
Pour que son oiseau ne s'envole
Au temps où Christophe Colomb
Vers l'Amérique caracole
Miquel admire les statues
Des femmes grecques et des hommes
Son hôte l'aime et s'habitue
A le faire croquer ses pommes
En étudiant le corps humain
Il découvre l'anatomie
Et collabore à un bouquin
Dans lequel il peint ses amis
Quand Laurent meurt, Pierre, son fils
Ne veut plus être le mécène
Miquel quitte les Médicis
Sans pour autant faire de scène
Miquel qui va avoir vingt berges
S'installe trois ans à Bologne
Chez un ami sculpteur de vierges
A qui il donne un coup de pogne
Un cardinal philanthropique
L'invite à se fixer à Rome
Alors pour quatre ans idylliques
Il va tailler pour le saint homme
Vers mil cinq cent notre prodige
Exécute un David en marbre
Une œuvre à donner le vertige
Plus haute que le haut des arbres
Le nouveau pape visionnaire
Le charge de réaliser
Dans la basilique Saint-Pierre
Son gigantesque mausolée
Ce pape aux idées byzantines
Qui désirait se faire un nom
Montrant la chapelle Sixtine
Dit à Miquel : "Peint le plafond !"
Durant quatre années de sa vie
Faisant fi de l'avis des autres
Miquel dessine jour et nuit
Adam, Ève et les douze apôtres
Puis il sculpte dans la foulée
Le buste de son saint patron
Le pape qui à tout jamais
De Jules II s'est fait un nom
En mars de l'an mil cinq cent treize
Le vieux pape casse sa pipe
Vite son successeur, il baise
Pour ne pas qu'il le prenne en grippe
Mais le pauvre pape Léon
Pète une soupape bien vite
Si bien que Miquel sans un rond
Ne fait plus bouillir la marmite
Déçu, il retourne à Florence
Auprès des ducs de Médicis
Voir s'ils n'auraient pas en souffrance
Quelque tombeau, quelque édifice
Alors les affaires reprennent
Miquel est presque débordé
Passent les jours et les semaines
Les mois et même les années
En l'an mil cinq cent trente-deux
L'artiste n'est plus un jeune homme
Le pape d'un ton chaleureux
Réclame sa présence à Rome
Il veut la chapelle Sixtine
Ornée du "Jugement dernier"
Mais avant que Miquel termine
Le pape a déjà capoté
Paul III le pape successeur
Institue immédiatement
Miquel architecte, sculpteur
Et peintre en chef du Vatican
Auprès de ce grand catholique
Il embellit sa métropole
Le dôme de la basilique
Et la place du Capitole
Il connaît encor quatre papes
Jules, Marcel, Paul et puis Pie
Jusqu'à ce que la mort l'attrape
Dans les bras de Cavalieri
Michel Ernest
http://www.mespoemes.net/michelernest
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