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"Pour un coeur qui s'ennuie/ Ô le chant de la pluie" Paul Verlaine
La pluie
Qui dactylographie
Les messages divins
S'échine,
Tape sur sa machine
Des mots pour les humains.
Sonores
Les gouttes collaborent
Aux notes de l'instant
Et dansent,
Imprimant la cadence
De la chanson du temps.
Serviles,
Les pavés de la ville
Lui servent de tambour.
Résonne
En ce décor d'automne
La complainte des jours.
Les flasques
Flaques diluent les masques
Des visages pressés,
Reflètent
En de brefs tête-à-tête
Des regards de noyés.
Tenace,
Le sol, clef de l'espace,
Rythme l'écho de l'eau.
Manège
D'un céleste cortège,
S'étend un chant très beau.
S 'élève
Alors comme en un rêve
Une composition.
La terre
Dit à ses secrétaires
De changer de fonction.
Claquettes,
Violons, castagnettes,
Programme convenu,
Qu'entame
En répétant ses gammes
L'orchestre de la rue.
Musique
D'un septembre aquatique
Allant obligato;
Maîtrise,
Partition reprise
Appassionato..
Quand même
Qu'il est beau le poème
Du ciel pleurant sur nous !
La pluie
Chante une mélodie
A tomber à genoux.
Mystère,
S'envole de la terre
Réchauffée par l'été,
Légère
Ainsi qu'une prière
L'aile d'une fumée.
Venue,
Quelque part de la nue,
A travers le rideau
De pluie,
Du ciel couleur d'ennui
Une lueur là-haut.
Nouvelle !
Que l'espérance est belle !
Si nos jours sont comptés,
Réponse
Et plus encore annonce:
"Elle est, l'Eternité!"
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