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Au verger les nouveaux bourgeons,
Ne craignant plus les durs frimas,
Dans l’éther, un éclat de voiles,
Me hèle en la douce saison.
Le renouveau fais frais climat,
Premier message peint sur toile !
Il s’installe en retour d’exil,
Là, comme le sphinx, il renaît…
Hé ! Puis-je oublier ma vallée ?
Elle n’est traversée par Nil,
Non, son séjour se reconnaît,
Certainement, car y est née
Ma Bruche, pour mon enjouement,
Baignant le terroir de ses flots…
Elle veille sur la contrée,
Pays que j’aime tendrement.
Elle aima l’enfant pour son lot,
Ce jour, je chéris cette aimée.
À présent j’ai les cheveux gris,
Je n’en sais le commencement,
Également moins la visée…
On se sent conquérant épris,
Si jeune et si frais franchement,
Que l’on ne pense à destinée !
Toute la vie est devant soi,
Même au trois-quarts c’est encor bien,
Vous êtes tout feu, toute flamme !
Je le suis toujours, et bien quoi ?
Je tien bon, je ne rends pas l’âme !
Les torts du temps joutent avec moi,
Donc, ne pas quitter les espoirs !
Ma rivière elle coule encore,
Son flux a toujours de la voix,
Ses berges bordent son miroir,
Mon esprit est dans son amphore !
Sa musique hante tout mon corps,
Sa chanson berce mon entrain…
Tout cela préserve ma vie,
Son souvenir jette dehors
Le Sénateur et son train-train,
Car son ensemble est mélodie,
Mon esprit se lie à son corps !
Tous les regards sur l’au-delà,
En soi ne montre que néant.
Ma Bruche, elle, elle se révèle
Une fille en son habitat,
Une sœur pour les temps méchants,
Une compagne très fidèle !
plumedefou
La Bruche est la rivière de mon enfance.
En Alsace, une vallée des moyennes Vosges.
L'illustration représente mon village : La Broque !
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