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Quand protestants et catholiques
Ne s'entendaient plus trop vraiment
Il fallut que les politiques
Intervinssent rapidement
Ils décidèrent bien trop vite
De marier Henri de Navarre
À la petite Marguerite
Princesse perdue dans l'histoire
En mil cinq cent cinquante-trois
Naît une enfant maigre et chétive
Fillette du tout puissant roi
Devant la cour admirative
L'enfant, haute comme trois pommes
Alimente bien des ragots
Son frère Charles la surnomme
Affectueusement Margot
Leur père le roi Henri deux
Par un certain Montgomery
D'un coup de lance dans les yeux
Au cours d'un tournoi perd la vie
L'aîné des enfants a quinze ans
Margot n'en n'a pas plus de six
Alors règne implicitement
Catherine de Médicis
Mais déjà dans les cours d'Espagne
Du Portugal et d'Angleterre
Chacun veut Margot pour compagne
Pour son fils, son neveu, son frère
Pour finir c'est le Béarnais
Qui finalement épouse
Margot la sœur du roi français
En mil cinq cent soixante-douze
Le mariage dure trois jours
Avec spectacle et bonne chère
Quand au troisième soir, la cour
Insulte les religionnaires
Un massacre aussitôt s'ensuit
En cette nuit du vingt-quatre août
Et si Navarre reste en vie
C'est grâce à Margot sans nul doute
Après cette nuit d'épouvante
Rouges sont les rues et la Seine
Margot au Louvre se lamente
Son époux croupit à Vincennes
Celui-ci s'évade en décembre
De mil cinq cent soixante-seize
Margot est bouclée dans sa chambre
Car sur elle des soupçons pèsent
Elle tente bien de s'enfuir
Mais la reine sa mère veille
Son Henri n'est qu'un souvenir
Et son cœur de nouveau s'égaye
Or un beau jour ils se rencontrent
Chacun au bras d'un autre amour
Curieusement Henri fait montre
De jalousie face à sa cour
"D'accord pour se conter fleurette
Mais déflorer n'est pas du jeu"
Dit-il, et sur ces entrefaites
Naît la "Guerre des amoureux"
Qui l'a remporté ? Peu importe
Mais je sais que bon an mal an
Margot ne franchit d'autre porte
Que celle de son "Vert-Galant"
Et puis un jour ça recommence
Elle tombe dans les filets
D'un gentilhomme, puits de science
Champvallon, Jacques de Harlay
Les amants rentrent à Paris
Pendant ce temps-là en Navarre
Le roi, encore son mari
Soudainement fait un bâtard
Henri trois, son frère, la chasse
Le Béarnais se moque d'elle
Même sa mère la menace
Pour être une épouse infidèle
Blessée par toutes ces brimades
Margot ne se sent plus très forte
Et tombe gravement malade
Si bien qu'on la donne pour morte
Bientôt rassurée sur sa vie
Ne pensant plus qu'à la vengeance
Avec les Ligueurs elle vit
Et dirige la résistance
Mais l'assassinat d'Henri trois
Lui fait soudain baisser les crosses
Le Béarnais pour une fois
Accepte d'annuler leurs noces
Les tractations durent cinq ans
Pour dissoudre le mariage
Quasiment jusqu'en mil six cent
Et Marguerite a pris de l'âge
Elle frise la cinquantaine
Quand l'annulation est acquise
Elle garde son rang de reine
Et sur ses terres la mainmise
Quand elle retourne à Paris
De nouveau les portes se rouvrent
Le petit peuple l'applaudit
Et les Grands l'accueillent au Louvre
Souvent atteinte de malaises
Margot peu à peu perd la flamme
Elle est devenue presque obèse
Et s'habille en vieille femme
Malgré ces fâcheux handicaps
Elle tient salon près de l'âtre
Où gens de robes, gens de capes
Gens d'église, y viennent débattre
Quand son ancien mari décède
Sous le couteau de Ravaillac
Elle est si triste quelle cède
Tous ses biens au fils du monarque
Cinq ans plus tard c'est la princesse
Qui meurt de longue maladie
Et ses pairs, malgré ses faiblesses
Portent son corps à Saint-Denis
Michel Ernest
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